gradient blue
gradient blue
Société

Canicule : le gériatre, Dr Nizar Ketari alerte sur les risques liés à l’isolement chez les personnes âgées

  • 29 juin 2026
  • 3 min de lecture
Canicule : le gériatre, Dr Nizar Ketari alerte sur les risques liés à l’isolement chez les personnes âgées

Au micro de la Radio Nationale, le gériatre, Dr Nizar Ketari appelle à un suivi citoyen et familial strict et rigoureux des aînés. Il dresse la liste des gestes de survie à adopter et des signaux cliniques qui doivent imposer un transfert immédiat aux urgences.

La solidarité intergénérationnelle s’impose comme une urgence sanitaire absolue à l’heure où le thermomètre s’affole. C’est globalement le message essentiel véhiculé par le spécialiste. Intervenant ce lundi 29 juin 2026 sur les ondes de la Radio Nationale, le docteur Ketari, a indiqué que face à l’intensité des vagues de chaleur actuelles, la protection des personnes âgées ne relève pas uniquement de la sphère médicale, mais requiert une lutte active contre leur isolement social. « De nombreux aînés vivant seuls, l’absence de vigilance de l’entourage a trop souvent provoqué, par le passé, de graves défaillances cliniques liées à la déshydratation », a-t-il noté. Pour le spécialiste, « rompre la solitude des seniors par des visites fréquentes et des appels réguliers est indispensable pour surveiller leur état général, valider la prise de leurs traitements chroniques et s’assurer de leur hydratation ».

Le protocole préventif édicté par le médecin repose sur des règles d’hygiène de vie quotidiennes très strictes. Le docteur Ketari rappelle que les personnes âgées doivent impérativement consommer entre 1,5 et 2 litres d’eau par jour. « Cette discipline hydrique doit être maintenue de manière mécanique, même si le patient affirme ne pas ressentir la sensation de soif, un signal biologique qui s’estompe naturellement avec l’âge », a-t-il souligné. Et d’ajouter que cette prise de liquides doit s’accompagner d’un régime alimentaire riche en eau, axé sur les fruits frais, les légumes de saison et les jus naturels. « Sur le plan de l’environnement domestique, les aînés doivent être confinés dans les pièces les plus fraîches du domicile, en évitant strictement toute sortie extérieure durant les heures de pic thermique, soit entre 11h00 et 17h00 ». Le gériatre préconise le port de vêtements amples, en coton léger et de teintes claires, ainsi qu’une gestion thermique de l’habitat. « Il faut aérer massivement les pièces aux aurores et au crépuscule, et calfeutrer les ouvertures en tirant les rideaux durant la journée pour bloquer le rayonnement solaire », préconise-t-il.

Détecter les signaux de détresse neurologique et respiratoire

La responsabilité des proches et des aidants est particulièrement engagée dans la détection des symptômes de décompensation thermique. A ce titre, le médecin exhorte les familles à faire preuve d’une attention particulière face aux signes avant-coureurs d’une déshydratation aiguë ou d’un coup de chaleur. « Les accompagnateurs doivent immédiatement s’alarmer face à une sécheresse buccale persistante, une soif intense, des céphalées violentes ou l’apparition d’une dyspnée (difficulté respiratoire) ». Il a ajouté que le basculement vers une urgence vitale critique se manifeste par une hyperthermie (élévation brutale de la température corporelle) et des troubles neurologiques sévères, tels que des phases de délire ou d’hallucinations. « Il faut prendre ces signes au sérieux : Dès l’apparition de l’un de ces symptômes, l’entourage ne doit pas temporiser et doit contacter sans délai le médecin traitant de la personne âgée ou organiser son transfert immédiat vers le service des urgences le plus proche pour une réhydratation intraveineuse d’urgence », conclut-il.

R.I

Auteur

R. I

You cannot copy content of this page