La voix inaudible des conseils locaux
Reçus la semaine dernière par le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), des élus des conseils locaux de Tunis-Ville et de Bab Souika ont mis en avant plusieurs difficultés entravant leur action, notamment le manque de coopération de certaines administrations avec les conseils locaux.
Les représentants ont également plaidé pour l’accélération des projets de développement, le renforcement de l’action sociale en faveur des personnes vulnérables, la création d’une société citoyenne de valorisation des déchets, l’amélioration des capacités des hôpitaux de la capitale ainsi que la réhabilitation du musée Ibn-Khaldoun et du centre culturel Hassan-Zmerli. Ils ont aussi appelé à des solutions pour les logements menaçant ruine et les constructions anarchiques.
De son côté, le président de l’ARP a réaffirmé le rôle des conseils locaux dans le cadre de la Constitution de 2022, soulignant la nécessité de renforcer leur accompagnement et les invitant à proposer des projets concrets de développement local.
Au-delà des problématiques propres à Tunis-Ville et à Bab Souika, deux territoires emblématiques de la capitale, les difficultés soulevées lors de cette rencontre illustrent des dysfonctionnements qui touchent de nombreuses régions du pays.
Plus préoccupant encore, le manque manifeste de coopération de certaines structures administratives qui parfois vont jusqu’au refus de collaborer, ce qui constitue un obstacle récurrent à l’exercice des missions des conseils locaux et limite leur capacité à répondre efficacement aux attentes des citoyens.
Une situation qui interroge la mise en œuvre effective du modèle de gouvernance locale consacré par la Constitution de 2022 et promu par le Président Kaïs Saïed à travers le projet de « construction par la base ».
Alors que les conseils locaux constituent la base de cette nouvelle organisation institutionnelle, les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien soulèvent des interrogations sur leur capacité à remplir pleinement leur mission. Ces obstacles posent également la question de l’efficacité de l’ensemble du système représentatif, qui s’étend des conseils locaux jusqu’au Conseil national des régions et des districts, la deuxième chambre du Parlement.
L’enjeu est de permettre à ces représentants du peuple de jouer pleinement leur rôle de relais entre citoyens et autorités. Les préoccupations et les besoins des habitants doivent pouvoir remonter sans difficulté afin que la voix des régions soit réellement entendue et prise en compte au niveau national.


