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Immersion au cœur de l’industrie électronique – Stratégie industrielle : La Tunisie fait le pari d’un secteur en plein boom

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  • 4 juillet 2026
  • 5 min de lecture
Immersion au cœur de l’industrie électronique – Stratégie industrielle : La Tunisie fait le pari d’un secteur en plein boom

Pour améliorer son intégration et assurer sa montée en gamme dans les chaînes de valeur mondiales, la Tunisie joue la carte de l’industrie électronique. Portée par des industriels convaincus du potentiel et des atouts du pays, la croissance que connaît le secteur s’inscrit à deux chiffres au cours des dernières années. Aujourd’hui, le pays compte s’appuyer sur ce potentiel pour donner davantage d’élan à cette industrie porteuse et hisser le site tunisien au rang de hub régional.

La Presse — De l’avis des professionnels et des connaisseurs de cette industrie, les atouts qu’offre la Tunisie sont nombreux : proximité avec l’Europe, compétences et ressources humaines hautement qualifiées, ainsi qu’un savoir-faire déjà acquis.

Autant d’ingrédients qui laissent penser que toutes les conditions sont réunies pour réussir cette nouvelle ambition. C’est d’ailleurs pour ces mêmes raisons que le secteur a été identifié comme prioritaire par les autorités. Selon Fethi Sehlaoui, directeur général des industries manufacturières au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, ce choix trouve son origine dans des facteurs dictés par les contextes international et national.

« La stratégie nationale industrielle à l’horizon 2035 accorde un intérêt particulier à l’industrie électronique comme levier de croissance, aux côtés des industries automobile et pharmaceutique. Il s’agit de secteurs qui présentent une importante marge de progression et dans lesquels la Tunisie dispose d’avantages comparatifs », a-t-il affirmé lors d’une session de formation récemment organisée au profit d’un groupe de journalistes tunisiens.

À l’échelle internationale, poursuit-il, les tendances technologiques sont désormais largement portées par la partie Soft. La quasi-totalité des secteurs prioritaires connaît des transformations technologiques inédites et les efforts de développement étant davantage orientés vers la composante logicielle que vers la composante matérielle.

« L’exemple de l’automobile est édifiant. La voiture d’aujourd’hui n’est plus celle d’il y a dix ou vingt ans. La composante logicielle y prend une place de plus en plus importante », a-t-il expliqué. Et c’est précisément cette évolution qui peut profiter à la Tunisie. Si les investissements dans la composante matérielle sont fortement capitalistiques et nécessitent des équipements lourds, comme dans l’industrie automobile, le développement de la composante logicielle et des technologies électroniques repose avant tout sur l’intelligence humaine, les compétences et le savoir-faire, autant d’atouts dont dispose la Tunisie.

« Ce sont des facteurs clés dont dispose la Tunisie et qui ont été confirmés par les investisseurs étrangers », a-t-il précisé.

Partir sur des bases solides 

Par ailleurs, le marché mondial des composants électroniques connaît une croissance exponentielle, offrant à la Tunisie de réelles opportunités pour conquérir des parts de marché.  « Le marché mondial des composants électroniques est estimé à 430 milliards de dollars et devrait atteindre 1000 milliards de dollars en 2034. La Tunisie peut se positionner sur une chaîne de valeur d’un marché de cette envergure. Il suffit de concentrer les efforts sur ce secteur, d’autant que l’industrie électronique est en mesure de générer une croissance durable à moyen terme », a ajouté Sehlaoui.

Ces efforts, souligne-t-il, ne partiront pas de zéro. La Tunisie dispose déjà d’un écosystème favorable qui lui permet de mieux se positionner dans cette chaîne de valeur.

« Il est vrai que l’industrie électronique ne date pas d’aujourd’hui en Tunisie. Des initiatives ont été lancées dès les années 1960 et 1970 avec la société Al Atheer et la création de l’École nationale d’ingénieurs de Tunis.

Mais, malgré des débuts prometteurs, cet élan n’a pas été maintenu pour des raisons liées à des orientations. Le secteur n’avait pas été classé comme prioritaire. Les efforts ont été dispersés entre plusieurs activités. On a voulu réussir dans tous les secteurs sans créer une masse critique autour de deux ou trois filières couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, de la recherche jusqu’à la promotion des exportations », a précisé Sehlaoui.

Il a ajouté que l’industrie électronique tunisienne est aujourd’hui diversifiée, allant de la fabrication de composants à l’assemblage, en passant par les services, notamment la recherche et le développement. Le secteur compte aussi bien des entreprises étrangères que tunisiennes qui commencent à s’imposer.

« L’avantage de la Tunisie est que nous développons désormais des produits semi-finis, mais aussi des produits finis destinés à différents secteurs, notamment l’aéronautique et les télécommunications », a-t-il souligné.

C’est dans cette perspective que le secteur s’est engagé, dans le cadre du Pacte pour la compétitivité associant les secteurs public et privé, à faire de la Tunisie un leader reconnu de l’électronique dans la région Emea (Europe, Moyen-Orient et Afrique).

Le secteur, qui compte aujourd’hui 150 entreprises, emploie plus de 70 mille  personnes, réalise 3,5 milliards de dinars d’exportations et représente 15 % des investissements dans le PIB industriel. Il affiche des ambitions élevées, en l’occurrence renforcer sa performance à l’export, améliorer son positionnement international et stimuler l’investissement productif et technologique à l’horizon 2030. Le pacte, signé en avril dernier, prévoit de porter les exportations du secteur à 7 milliards de dinars, de porter les investissements du secteur à 20 % du PIB industriel, de créer 30.000 nouveaux emplois, d’augmenter le taux d’intégration nationale à 55 % contre 35 % actuellement et de relever les investissements en recherche et développement à 3 % du chiffre d’affaires du secteur, contre 1 % aujourd’hui.

Des objectifs largement à portée de main, d’autant que la volonté de les atteindre est déjà bien présente.

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Auteur

Marwa Saidi

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