Culture

«Batha mouch normal « du 10 au 12 juilet au Kram : Quand Les Faiseuses réinventent Aston Villa

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  • 9 juillet 2026
  • 3 min de lecture
«Batha mouch normal « du 10 au 12 juilet au Kram : Quand Les Faiseuses réinventent Aston Villa

Au programme, une fête foraine étrange, peuplée de créatures musclées et de machines improbables, bricolées comme autant d’échappées à l’esthétique normative ; un ring où la boxe se fait langage chorégraphique, transformant l’affrontement en partition corporelle et en geste artistique et un  terrain de football réinventé, où les joueuses, celles à qui l’on a trop souvent répété « le foot n’est pas pour elles », occupent le jeu, l’espace et la narration du match.

La Presse — Une batha (un terrain plat) du quartier Aston Villa au Kram se transformera, du 10 au 12 juillet, en scène ouverte et en laboratoire vivant pour accueillir «Batha mouch normal «, restitution publique d’un projet mené par El Warcha dans le cadre du projet Les Faiseuses, avec le soutien de l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (Aecid).

L’événement, à mi-chemin entre festival et performance participative, matérialise le travail collectif d’une cinquantaine de femmes de 15 à 35 ans issues du Kram, de La Goulette et des quartiers voisins. Partant du postulat que la boxe, la musculation et le football demeurent, dans l’imaginaire social, des espaces majoritairement masculins, le projet propose d’en faire des terrains d’expérimentation pour repenser la place des corps féminins dans l’espace public. Pendant dix‑huit mois, des résidences artistiques ont mêlé ateliers de performance, danse, construction, écriture, scénographie et arts plastiques.

Le matériau collecté entre récits, gestes, objets et images s’est métamorphosé en pièces chorégraphiques, installations et dispositifs participatifs que le public pourra découvrir sur place. Le public découvrira, au fil des trois soirées, les univers distincts nés des résidences, notamment : une fête foraine étrange, peuplée de créatures musclées et de machines improbables, bricolées comme autant d’échappées à l’esthétique normative ; un ring où la boxe se fait langage chorégraphique, transformant l’affrontement en partition corporelle et en geste artistique et un  terrain de football réinventé, où les joueuses, celles à qui l’on a trop souvent répété « le foot n’est pas pour elles», occupent le jeu, l’espace et la narration du match.

Au programme, également, des ateliers, une expostition d’art, des Dj set, un Open Mic rap avec Issam Absi, un concert d’Unity Sound et une performance de Stambeli avec Belhassen Mihoub. L’approche territoriale du projet, ancrée dans les quartiers concernés, donne aux habitantes la possibilité d’être à la fois créatrices et actrices d’un récit communautaire.

La présence d’artistes, performeur·euses, chorégraphes, constructeur·rices et médiateur·rices a permis d’articuler pédagogie, création et médiation culturelle autour d’enjeux d’émancipation. Le rendez‑vous invite les riverains et les curieux à venir voir, tester et discuter. Au‑delà du spectacle, l’événement propose une expérience sensorielle et réflexive : comment penser autrement la force, l’agilité, le jeu et la tenue des corps dans l’espace urbain ? Comment la création collective peut‑elle redessiner des places et des usages ? A voir!

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Auteur

Meysem MARROUKI

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