Fakher Zaïbi : la demande en compétences numériques s’accélère, l’IA et la cybersécurité en tête des profils recherchés
Le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) poursuit sa montée en puissance en Tunisie. Représentant plus de 3 % du PIB, et plus de 11 % en intégrant les télécommunications, il fait face à une demande croissante en compétences numériques. Une étude récente met toutefois en lumière un décalage entre les formations dispensées et les besoins réels des entreprises, a précisé le directeur général de l’Observatoire national de l’emploi et des compétences, relevant du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle.
Le secteur des technologies de l’information et de la communication contribue à plus de 3 % du produit intérieur brut (PIB), une part qui dépasse 11 % lorsque les activités de télécommunications sont également prises en compte, c’est ce qu’a déclaré le directeur général de l’Observatoire national de l’emploi et des compétences, relevant du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Fakher Zaïbi.
S’exprimant lundi sur les ondes d’une radio privée, Zaïbi a précisé que le secteur des technologies de l’information emploie 120 000 personnes, dont 104 000 dans le secteur privé.
Se référant à une étude récemment publiée sur le marché de l’emploi, les métiers et les compétences dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC), le responsable a, en outre, indiqué que la demande en compétences numériques connaît une forte progression, tant en Tunisie qu’à l’international, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité, de l’analyse des données, du cloud computing et du développement avancé de logiciels.
L’étude en question constitue l’une des cinq études sectorielles réalisées au niveau national portant sur les secteurs du transport et de la logistique, des industries agroalimentaires, de l’électronique, du bâtiment et des travaux publics, ainsi que des technologies de l’information et de la communication, a-t-il ajouté.
L’étude met également en évidence un décalage entre la formation académique et les besoins réels des entreprises, a encore précisé Zaïbi ajoutant que cette situation ne résulte pas d’un manque de qualité de l’enseignement théorique, les universités et établissements de formation tunisiens offrant un niveau de qualification reconnu, mais plutôt d’une insuffisance de la formation pratique et des stages en entreprise.
Partant de ce constat, il a souligné la nécessité de renforcer les partenariats entre les universités, les centres de formation et les entreprises afin de permettre aux étudiants d’acquérir une expérience professionnelle répondant aux exigences du marché du travail.
L’étude identifie par ailleurs huit spécialités figurant parmi les plus recherchées sur le marché de l’emploi. Il s’agit notamment de la cybersécurité, de l’intelligence artificielle, de la science des données et de l’analyse des données, de l’ingénierie du machine learning, du cloud computing, du développement avancé de logiciels, de l’architecture cloud et des métiers liés à l’administration des infrastructures numériques modernes.
Évoquant l’émigration des compétences, Fakher Zaïbi a noté qu’elle peut constituer un levier pour l’économie nationale grâce au transfert de savoir-faire et aux investissements ultérieurs en Tunisie, appelant à maintenir des liens solides entre ces compétences et leur pays d’origine.
Il a, par ailleurs, appelé à augmenter le nombre de diplômés issus du système de formation et à améliorer les conditions de travail et des rémunérations en Tunisie.
Une option qui permettrait de renforcer l’attractivité des entreprises nationales.



