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La statue d’Hannibal à Salakta déclenche une vive polémique

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  • 15 juillet 2026
  • 2 min de lecture
La statue d’Hannibal à Salakta déclenche une vive polémique

La statue d’Hannibal récemment érigée à Salakta suscite une vive polémique en Tunisie. Si l’initiative visant à rendre hommage au célèbre général carthaginois fait consensus sur le principe, sa réalisation artistique fait l’objet de nombreuses critiques de la part d’internautes et de spécialistes du patrimoine et des arts plastiques.

La controverse a pris de l’ampleur après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une publication satirique affirmant que « si Hannibal revenait à la vie et découvrait la statue érigée en son honneur à Salakta, il se suiciderait immédiatement ». Ce commentaire, largement partagé, a cristallisé les critiques visant la qualité esthétique de l’œuvre.

Plusieurs spécialistes ont ensuite exprimé leurs réserves, estimant que le monument présente des disproportions anatomiques et des choix de matériaux qui lui confèrent davantage l’apparence d’un objet décoratif que celle d’un monument commémoratif dédié à l’une des plus grandes figures de l’histoire de Carthage.

Pour ces experts, la question ne porte pas sur la légitimité d’honorer Hannibal, mais sur les conditions dans lesquelles un tel projet est conçu et réalisé. Ils plaident pour que la création de monuments consacrés à des personnalités historiques majeures soit encadrée par une commission multidisciplinaire réunissant historiens, sculpteurs, artistes plasticiens et architectes, afin de garantir une œuvre conforme aux exigences artistiques, historiques et patrimoniales.

À l’opposé, plusieurs observateurs défendent cette initiative, qu’ils considèrent comme un levier de valorisation de la mémoire historique de Salakta et un atout susceptible de renforcer l’attractivité culturelle et touristique de la région. Selon eux, le débat devrait avant tout servir à améliorer la qualité des futures réalisations artistiques plutôt qu’à remettre en cause le principe même de cet hommage.

Au-delà de la polémique, cette affaire remet sur le devant de la scène une question plus large : celle de l’existence d’une politique culturelle nationale définissant les critères artistiques, scientifiques et patrimoniaux devant encadrer la conception des monuments publics consacrés aux grandes figures de l’histoire tunisienne.

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Auteur

La Presse

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