Statut des livreurs et des chauffeurs : l’UGTT exige son implication dans la révision du Code du travail
En guise de réaction aux récentes annonces du ministre Issam Lahmar, le secteur du transport informel de la centrale syndicale émet des réserves. Et ce, tout en exigeant l’application des conventions à même de garantir un salaire équitable, une couverture sociale et une assurance contre les accidents de travail aux travailleurs des plateformes numériques.
Ce vendredi 17 juillet 2026, le service de la protection sociale et du secteur informel de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) a publié un communiqué officiel particulièrement offensif. La centrale syndicale y exige son intégration immédiate et obligatoire au sein des comités techniques chargés de rédiger les projets de lois sectoriels, mettant l’accent sur l’impératif de son implication dans le chantier de réécriture de la révision du Code du travail destiné à encadrer le statut juridique des travailleurs des plateformes numériques (livreurs de repas, chauffeurs de VTC, coursiers).
La direction de l’UGTT rappelle qu’elle s’est historiquement imposée comme le pionnier des appels à la régulation de cette catégorie de travailleurs, son objectif étant d’arracher une reconnaissance légale de leur statut de salariés, de leur garantir une rémunération minimale équitable, de leur octroyer une couverture sanitaire universelle et de sécuriser leur prise en charge obligatoire au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles. Un communiqué qui semble répondre aux récentes annonces du ministère. Tout en laissant entendre qu’elle refuse les orientations unilatérales dans les prises de décisions, l’UGTT a formellement exprimé des réserves concernant les dernières déclarations publiques du ministre des Affaires sociales Issam Lahmar.
Dans ce même ordre d’idées, le syndicat a exprimé que s’il concède que la mise à niveau des législations nationales face aux mutations technologiques du travail à la demande s’impose comme une nécessité économique nationale incontournable, il avertit qu’aucune réforme ne sera validée sans une approche participative stricte. L’UGTT somme le ministère de respecter la signature internationale de la Tunisie en se conformant à la convention n°144 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), un texte de 1976 ratifié par la République et qui sanctuarise l’obligation des consultations tripartites (État, Patronat, Syndicat) qui confirment les principes constitutionnels du travail décent et de la justice sociale.
A rappeler que lors du discours d’ouverture d’un atelier tenu lundi dernier, le ministre a plaidé pour une mise à jour accélérée des textes de lois afin d’intégrer les plateformes numériques dans l’économie formelle et offrir une sorte de protection aux contractuels. Ceci semble déplaire à l’UGTT qui refuse d’être exclue alors qu’elle est la représentante officielle des travailleurs. Le syndicat exprime craindre la naissance « d’un code du travail au rabais qui marche sur les pas de la précarité édictée par les multinationales de la livraison. En brandissant la convention 144 de l’OIT et en exigeant un droit de veto sur les futures grilles de négociation contractuelle, la centrale ouvrière entend forcer le ministère à ouvrir de véritables négociations paritaires et protectrices des droits humains fondamentaux des travailleurs.



