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Ecosystème des startups : Passer à une économie d’innovation complète

  • 19 juillet 2026
  • 6 min de lecture
Ecosystème des startups : Passer à une économie d’innovation complète

Le financement des startups revêt une importance cruciale pour le développement économique et technologique du pays. Ces startups nécessitent des ressources financières substantielles pour transformer leurs idées novatrices en produits viables et commercialisables. Toutefois, le processus de leur financement s’avère complexe et hautement compétitif, nécessitant un alignement entre les besoins en capitaux, les stratégies commerciales et les soutiens adéquats.

La Presse — Les startups jouent un rôle essentiel dans le développement économique. Ces jeunes entreprises ont besoin de ressources financières pour développer leurs idées et les transformer en réalités commerciales viables. Cependant, le processus de financement des startups est souvent complexe et semé d’embûches. De la recherche de fonds de démarrage aux levées de capitaux successives, chaque étape requiert une stratégie bien définie et une compréhension approfondie des mécanismes financiers, afin de surmonter les défis susceptibles d’entraver la croissance et le succès des startups.

Malgré les obstacles rencontrés, plusieurs opportunités de financement s’offrent aux startups, incluant le capital-risque, les business angels, les modèles alternatifs tels que le crowdfunding…

Toutefois, chaque source de financement impose ses propres exigences et attentes, qui peuvent constituer un défi pour les entrepreneurs.

Des solutions stratégiques ont été déployées ces dernières années pour surmonter les défis du financement des startups.

Programmes et piliers

L’écosystème des startups en Tunisie a pris forme en 2016 et a continué son développement jusqu’à aujourd’hui.

La Loi Startup Act loi était le premier pilier. Elle accorde un package de 22 incitations pour les entrepreneurs, les investisseurs et les startups. Smart Capital, à travers sa plateforme sur startup.gov.tn, gère l’octroi de ces incitations, décernées seulement aux startups labélisées.

Alaya Bettaieb, ancien DG de Smart Capital (2021-2024), précise, lors d’un débat organisé par le Forum Ibn Khaldoun pour le développement, que le projet avait comme objectif de labelliser 1000 startups jusqu’à fin 2024, la création de 10.000 emplois, 1 milliard de dinars de chiffres d’affaires cumulé.

Startup Ecosystème est le second pilier qui, à travers son programme Flywheel lancé au mois de mars 2021, veille à soutenir l’émergence de startups à travers ses sous-programmes AIR et AIR2 et la création des structures de soutien tels les incubateurs, les accélérateurs et les Startups Studios à travers ses sous-programmes Deal et Sail.

Malgré les subventions accordées, dans le cadre des sous- programmes précités, et pour des contraintes de financement, le nombre de bénéficiaires reste bien en dessous du nombre des postulants.

De même, et pour les mêmes contraintes, les secteurs de la santé en général, de l’environnement, de l’agriculture sont les moins servis par ces programmes.

Deal, de son côté, encourage le lancement de nouveaux programmes dédiés pour les startups mais au profit des structures d’appui voulant s’implanter dans des zones lointaines, ou créant des programmes d’appui pour les femmes, ou pour l’introduction d’une technologie donnée, etc.

SAIL est un programme similaire dédié aux structures mais ancré sur la performance, encourageant les structures à faire labelliser plus de startups et soutenir les Startups à lever leurs premiers fonds.

« A travers ces programmes, Smart Capital a pu repérer 53 structures sur 107 (contre moins d’une quinzaine en 2020) qui font un bon travail d’accompagnement et réussissent bien leurs missions », indique l’ancien DG de Smart Capital. Et d’ajouter que « le programme a permis de créer plusieurs structures à l’intérieur du pays mais la concentration reste encore au Grand Tunis, Sousse et Sfax ». Startup Invest est le 3e pilier de Startup Tunisia dédié aux mécanismes d’investissement. Il ambitionne, à travers l’unique fonds du pays Anava, d’une taille initiale de 100 millions d’Euros, de créer 13 fonds d’investissement dans les 3 stades de développement de la startup, l’amorçage, la croissance et l’expansion internationale.

Lancé en mars 2021, Anava commence par un fonds initial de 40 millions d’euros sur 75 millions empruntés par l’Etat à la Banque mondiale, mais géré par la Caisse des dépôts et consignations CDC, et vis-à-vis de Smart Capital, suivi de 20 millions d’euros investis par la KfW en décembre 2022. Anava a pu aider à créer aujourd’hui 10 fonds d’investissements dont 6 sont des fonds d’amorçage basés en Tunisie.

Il a pu aussi drainer 2 fonds de croissance et 2 autres d’expansion régionaux et étrangers répartis entre 2 fonds africains et 2 fonds panarabes.

« Smart Capital est actuellement en phase de levée de fonds tardive, pour le fonds de fonds afin d’atteindre l’objectif des 100 millions d’euros annoncés lors de sa souscription au conseil du marché financier.

Ceci permettra d’assurer la continuité dans le financement de la croissance des startups », ajoute Bettaieb.

Vers un Startup Act 2.0

C’est dire que la Tunisie a réussi la première phase, celle de la création d’un écosystème startup crédible.

La seconde phase s’avère beaucoup plus ambitieuse : passer d’un programme startups à une économie d’innovation complète. « Et le pays qui gagnera demain sera celui qui saura attirer, organiser et amplifier les talents mondiaux autour d’une vision technologique souveraine et inclusive ». Volet investissement, « la BCT travaille aujourd’hui avec des dérogations pour permettre le flux des investissements entre fonds de fonds, fonds et startups. Il est temps que d’autres mesures beaucoup plus souples prennent place, et d’autres soient éliminées ».

Avec le développement significatif et même spectaculaire de l’écosystème des startups labellisation, subvention aux startups et aux structures et l’existence de 9 réseaux de business angels, et de 10 fonds d’investissements destinés aux startups tunisiennes, « il y aura toujours des talents qui créent, des structures qui accompagnent, des investisseurs et des fonds qui investissent et de nouvelles réussites qui se font à l’horizon ».

L’écosystème Startup Tunisia fait montre que la Tunisie a franchi un grand pas à l’échelle africaine, à travers la mise en place d’un cadre légal et financier avancé pour les startups. L’objectif primordial pour l’étape à venir est d’accélérer l’ajustement du code des changes et d’assurer le passage vers un « Startup Act 2.0 ».

Auteur

Najoua Hizaoui

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