Société

Gafsa : Pourquoi les campagnes de propreté ne suffisent plus

  • 19 juillet 2026
  • 4 min de lecture
Gafsa : Pourquoi les campagnes de propreté ne suffisent plus

Gafsa, berceau historique de la pensée, du militantisme et de la culture, étouffe aujourd’hui sous le poids d’une crise environnementale devenue tristement familière. Loin de l’image de grandeur que mérite cette cité séculaire, ses rues, ses places publiques et ses abords institutionnels offrent désormais le spectacle désolant d’une accumulation continue de déchets et d’une salubrité publique en perdition.

Face à ce constat inquiétant, qui menace autant la qualité de vie des habitants que l’attractivité économique et touristique de toute une région, la question de l’hygiène urbaine n’est plus un simple sujet de débat : elle est une urgence absolue qui interpelle la responsabilité partagée des autorités et des citoyens.

La Presse — Le paysage de la ville historique de Gafsa est aujourd’hui marqué par une crise environnementale et sanitaire préoccupante. Au quotidien, les rues, les trottoirs et les places publiques sont envahis par des accumulations massives de déchets, générant des odeurs asphyxiantes. Cette situation déplorable est devenue si récurrente qu’elle s’est banalisée dans le quotidien des habitants.

L’exemple le plus saisissant et le plus douloureux se situe dans l’espace jouxtant le marché central. Ce lieu à forte affluence, au lieu de refléter le prestige d’une cité qui a enfanté de grandes figures de la pensée, de la lutte et du travail, offre aux citoyens un spectacle indigne fait d’amoncellements d’ordures.

Ce phénomène de saturation se répète  dans la majorité des artères et des quartiers de la ville, où les conteneurs débordent et dégradent continuellement l’esthétique urbaine.

Bien que les responsables régionaux justifient souvent ce retard par le manque de ressources humaines, de logistique et d’équipements de collecte, les autorités de contrôle portent une lourde responsabilité.

Les discours officiels récurrents sur le développement et l’amélioration de la qualité de vie contrastent fortement avec l’inertie constatée sur le terrain, où la question de la propreté semble traitée comme une fatalité immuable.

Le citoyen comme partenaire de la crise

L’absence d’une culture de préservation de l’environnement, le non-respect des horaires et des lieux de dépôt des ordures, ainsi que la négligence de la propreté immédiate des habitations aggravent l’anarchie ambiante. La ville devient ainsi la double victime d’un déficit de moyens et d’incivilités répétées.La persistance de cette problématique de salubrité hypothèque sérieusement l’avenir de Gafsa : économie et investissement. Il est illusoire de parler de développement économique, d’attractivité pour les investissements ou de tourisme dans une ville où les déchets occupent le premier plan. Le droit fondamental des citoyens à vivre dans un environnement sain ne peut plus faire l’objet de promesses et d’attentes interminables.

L’image de marque

Le visiteur extérieur juge immédiatement la région à l’état de ses rues et de ses places publiques, et non à travers les rapports administratifs ou les promesses politiques.

Face à cette urgence, les campagnes de nettoyage ponctuelles ou saisonnières ne suffisent plus. Il est impératif de mettre en œuvre une stratégie claire, globale et immédiate, basée sur un diagnostic précis et dotée de moyens humains et logistiques adéquats. Cette démarche n’est pas un luxe, mais un devoir envers Gafsa, afin de lui redonner sa beauté, sa propreté et son éclat mérités.

Auteur

Hafedh Trabelsi

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