Réinvention de la politique nationale de l’eau : Fonctionnalité et durabilité
Le Président de la République ne cesse de donner, à chaque fois, toute son importance à la réinvention de notre politique de gestion de l’eau. Une réinvention qui devrait reposer sur la rationalisation de la consommation, la garantie de la bonne fonctionnalité du réseau, la valorisation du potentiel disponible et la responsabilisation de tous les acteurs.
Des orientations incontournables pour gérer le stress hydrique et surtout garantir le bien-être de nos populations.
La Presse — Les coupures d’eau, de plus en plus fréquentes, commencent à menacer sérieusement le bien-être de certaines populations.
Et on ne parle pas, uniquement, du Sud tunisien, dont les coupures sont devenues, malheureusement, un rendez-vous annuel incontournable et, plus encore, un problème chronique, mais ce fléau s’est répandu rapidement pour englober d’autres régions, celles du Nord-Ouest, entre autres.
C’est le cas de Tabarka qui vit une situation réellement infernale en raison des coupures, non plus occasionnelles mais désormais permanentes.
Le manque d’approvisionnement et de solutions, même, provisoires, a dramatisé davantage la situation.
Un état désolant qui aggrave le sentiment de marginalisation de la population dont la souffrance est qualifiée par tous les observateurs d’épouvantable et, même, d’inhumaine. Surtout qu’elle survient en pleine vague de chaleur intense.
Ce problème de pénurie au Nord-Ouest est quelque peu difficile à concevoir, étant donné l’importance du potentiel hydrique de cette région. Un état paradoxal qui alimente les appréhensions les plus invraisemblables.
Une crise qui non seulement perdure mais s’élargit régulièrement pour devenir ainsi un véritable souci.
D’ailleurs, le département « Justice environnementale et climatique », relevant du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux », a publié une déclaration dont laquelle il dénonce cette situation désastreuse et dramatique qu’il qualifie même de « crime ouvertement reconnu ».
Ce qui est encore préoccupant, à la limite de l’incompréhensible, c’est que certaines régions, certainement favorisées, n’ont jamais été concernées par ce problème. Un constat inadmissible, surtout que le Chef de l’Etat a fait de la justice sociale et de l’égalité des chances le fondement de toute action.
Dysfonctionnements et fragilités structurelles
Cette situation alarmante témoigne des dysfonctionnements au niveau de tout un réseau qui, en plus du vieillissement des canalisations, est toujours en manque d’entretien, de maintenance et de modernisation.
D’ailleurs, certains décideurs du secteur reconnaissent qu’il est difficile de bien gérer un réseau de plus de 54 000 km de conduites. Le coût est très élevé, alors que les ressources financières sont limitées.
On reconnaît, également, que les coupures régulières d’électricité ont affecté sérieusement l’opérationnalité des stations de pompage, aggravant du coup la situation.
En somme, il est urgent, aujourd’hui, de procéder au renouvellement de notre réseau pour réduire les pertes de plus en plus importantes, faire face à la volatilité climatique et sécuriser nos approvisionnements.
Ces dispositions sont, de l’avis de tous les observateurs, incontournables, surtout que la Tunisie, comme la majorité des pays, se retrouve, depuis quelque temps, en plein stress hydrique. Une situation totalement paradoxale pour un pays qui dispose d’un potentiel annuel de plus de 5 milliards de m3.
Une menace sérieuse qui impose la réinvention de la politique nationale à travers la revalorisation du potentiel disponible, qualifié de très important. N’oublions pas que la Tunisie dispose, comme on l’a déjà affirmé dans ces mêmes colonnes, de plus de 900 lacs collinaires renfermant plus de 17 millions de m3.
L’élargissement de l’utilisation des ressources non conventionnelles intervient, de son côté, comme une priorité absolue. On pense, notamment, à la réutilisation des eaux usées traitées qui se repositionnent comme une parade stratégique pour relever les défis de la rareté et de la durabilité.
Autant d’orientations essentiellement pour alléger, sensiblement, le stress hydrique.



