Transition énergétique : La Tunisie vise un avenir durable
Les citoyens sont en train de passer par une situation pénible due à une hausse vertigineuse des températures atteignant, dans plusieur régions du pays, des records dépassant les quarante degrés, voire plus, ce qui a entraîné une hausse sensible de la consommation d’électricité plaçant le système électrique et la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) sous forte pression.
La Presse — En effet, face à une demande atteignant des niveaux exceptionnels, des délestages ciblés, mais nécessaires, ont été effectués dans le but évident de préserver la stabilité du réseau et d’assurer la continuité de l’alimentation électrique. Si ces mesures, dictées par les impératifs de gestion du réseau, traduisent les défis immédiats auxquels est confronté le secteur énergétique, elles rappellent également l’urgence d’accélérer la transition vers un modèle plus résilient, moins dépendant des énergies conventionnelles et davantage fondé sur les ressources renouvelables dont dispose la Tunisie.
Consciente depuis plusieurs années des mutations profondes que connaît le secteur de l’énergie et sous l’impulsion du Président Kaïs Saïed, la Tunisie a progressivement fait de la transition énergétique un axe majeur de sa politique de développement dans le sens où face à l’évolution de la demande nationale, à la volatilité des marchés internationaux des hydrocarbures et aux effets de plus en plus accentués du changement climatique, les pouvoirs publics ont engagé une stratégie visant à diversifier le mix énergétique, à renforcer la sécurité d’approvisionnement et à réduire la dépendance aux importations d’énergie.
Cette détermination présidentielle, maintes fois réitérée, est en train de se traduire, aujourd’hui, par l’accélération des investissements dans les énergies renouvelables, appelées à jouer un rôle central et déterminant dans la couverture des besoins nationaux en électricité. En effet, la multiplication des projets solaires et éoliens, l’amélioration du cadre réglementaire ainsi que les mécanismes destinés à encourager les investisseurs témoignent d’une volonté affirmée d’inscrire, dans la durée, le pays sur une trajectoire de transition énergétique compatible avec les objectifs de développement durable et les engagements climatiques de la Tunisie.
Dans cette dynamique, les consignes du Chef de l’Etat sont claires quant à la nécessité de poursuivre la mise en œuvre d’un ensemble de réformes destinées à lever les obstacles au développement des énergies renouvelables et à créer un environnement favorable aux investissements dans ce secteur stratégique.
Il faut dire que compte tenu du potentiel dont bénéficie le pays, l’énergie éolienne figure parmi les filières appelées à contribuer de manière significative au renforcement des capacités nationales de production électrique, tout en améliorant la résilience du système face aux pics de consommation.
Parallèlement, la Tunisie se positionne progressivement sur une autre filière d’avenir : celle de l’hydrogène vert, appelé à devenir un vecteur énergétique majeur dans les prochaines décennies dans le sens où grâce à ses ressources naturelles, à sa proximité avec les marchés européens et à ses atouts géographiques, le pays ambitionne de devenir un acteur régional de cette nouvelle économie d’énergie, en développant une chaîne de valeur capable de répondre aussi bien aux besoins nationaux qu’aux perspectives d’exportation. D’ailleurs, la coopération avec l’Union européenne constitue, à cet égard, un levier essentiel de cette transformation.
Elle accompagne les efforts nationaux à travers des programmes de coopération technique, des mécanismes de financement et un partage d’expertise destinés à accélérer la mise en place des infrastructures, l’adaptation du cadre réglementaire et le développement des compétences nécessaires à l’essor des nouvelles filières énergétiques.
Ce qui constitue une véritable convergence de vues s’inscrivant dans une conception commune de décarbonation et de renforcement de la sécurité énergétique de part et d’autre de la Méditerranée. Au delà de la réponse aux contraintes conjoncturelles imposées par les épisodes de forte chaleur, la transition énergétique apparaît ainsi comme un choix stratégique de long terme et une condition sine qua non pour changer la donne dans le bon sens.
Plus encore, en consolidant le recours aux énergies renouvelables, en développant l’éolien et l’hydrogène vert et en renforçant les partenariats internationaux, la Tunisie se dote progres- sivement des moyens consistant à bâtir un système énergétique plus résilient, plus compétitif et plus durable.
Une orientation appelée à conforter la souveraineté énergétique du pays, à soutenir son développement éco- nomique et à offrir de nouvelles perspectives aux générations futures, dans un contexte où la maîtrise des ressources énergétiques est plus que jamais un facteur de stabilité et de compétitivité nationale.



