Médecine traditionnelle chinoise en Tunisie : le centre de La Marsa attire de plus en plus de patients
Le centre de médecine traditionnelle chinoise de l’hôpital universitaire Mongi Slim de La Marsa continue d’attirer l’attention de nombreux patients à la recherche d’approches thérapeutiques combinant le traitement des symptômes, la prévention et le maintien de l’équilibre du corps, selon le docteur Yan Chun Chuan, directeur du centre.
Une approche basée sur la prévention
Dans un entretien accordé à la TAP, le Dr Yan a expliqué que la médecine traditionnelle chinoise ne se limite pas au traitement des maladies une fois qu’elles apparaissent, mais repose également sur le renforcement des capacités naturelles du corps à préserver son équilibre et à améliorer ses fonctions vitales.
« Il n’est pas nécessaire d’attendre d’être malade pour découvrir les bienfaits de l’acupuncture, des plantes médicinales, de la cupping therapy (hijama), du massage thérapeutique ainsi que des exercices de respiration et de mouvement », a-t-il indiqué.
Le responsable a précisé que le centre propose des techniques thérapeutiques reconnues, appliquées selon les protocoles de la médecine traditionnelle chinoise. Le parcours du patient commence par un accueil, une écoute des symptômes, une évaluation de son état de santé et un diagnostic, avant de définir le traitement adapté, le nombre de séances et leur durée en fonction de chaque cas.
Des techniques adaptées à chaque patient
Le centre propose plusieurs méthodes thérapeutiques, notamment l’acupuncture, la hijama, les massages thérapeutiques et l’utilisation de plantes médicinales, en plus des exercices de respiration et de mouvement.
D’autres techniques sont également utilisées, comme l’application de fumées issues de plantes médicinales et l’usage d’huiles thérapeutiques, dans le but de stimuler la circulation sanguine, d’améliorer les fonctions de l’organisme et de favoriser la rééducation fonctionnelle.
Le Dr Yan a souligné que le choix du traitement dépend de l’état de santé du patient et des symptômes présentés. Il n’existe pas de période fixe applicable à tous les cas, le programme thérapeutique étant établi après un examen et une évaluation personnalisés.
Les « patchs Sanfu », une méthode préventive appliquée en été
Dans le cadre de la dimension préventive de la médecine traditionnelle chinoise, le centre a lancé durant cette période estivale le programme des « patchs Sanfu », une technique saisonnière qui exploite les caractéristiques de l’été, notamment durant les périodes de fortes chaleurs appelées « jours de grande chaleur » dans la tradition chinoise.
Cette méthode consiste à appliquer sur des points précis du corps des patchs contenant des composants issus de plantes médicinales chinoises. Les zones d’application sont déterminées en fonction des caractéristiques physiques du patient et de ses symptômes.
L’objectif est de réchauffer le corps, de réduire l’impact du froid et de l’humidité, de soutenir l’énergie vitale appelée « Qi » et d’améliorer la circulation sanguine.
Ce traitement repose sur le principe de « soigner en été les maladies de l’hiver », en profitant de la saison chaude pour renforcer les défenses de l’organisme avant l’arrivée des périodes froides, notamment chez les personnes souffrant de troubles récurrents en automne et en hiver.
Le programme cible particulièrement les personnes souffrant de rhinite allergique, de troubles respiratoires chroniques comme la toux persistante ou les bronchites répétées, ainsi que celles atteintes de douleurs osseuses et articulaires, de rhumatismes ou d’arthrite liés au froid et à l’humidité.
Il est toutefois déconseillé aux personnes souffrant de maladies ou d’allergies cutanées, de blessures au niveau de la peau, aux femmes enceintes ainsi qu’aux patients atteints de maladies chroniques graves.
Le programme « patchs Sanfu » pour l’année 2026 se déroule en trois sessions : les 15 et 27 juillet ainsi que le 14 août 2026.
Il est limité à 30 participants. Les inscriptions seront clôturées dès que le nombre maximal sera atteint. Les personnes intéressées peuvent se rendre directement au bureau des infirmiers du centre afin de réserver leur rendez-vous.
Coopération tuniso-chinoise : soins, formation et transfert d’expertise
Le directeur du centre a rappelé que l’équipe de médecins chinois exerçant à l’hôpital universitaire Mongi Slim intervient dans le cadre de la coopération sanitaire entre la Tunisie et la Chine.
Cette collaboration vise à fournir des services de médecine traditionnelle chinoise et à contribuer au transfert d’expertise vers les professionnels de santé tunisiens dans les domaines du diagnostic, du traitement et de la formation.
Selon le Dr Yan, l’intérêt pour ce type de médecine a progressé en Tunisie ces dernières années. Plusieurs patients ont exprimé leur satisfaction après avoir suivi des séances thérapeutiques, encourageant ainsi l’équipe médicale à poursuivre le développement de cette expérience.
Le coût des soins contribue également à rendre ces services accessibles à un plus grand nombre de citoyens. Une séance d’acupuncture est facturée 14 dinars pour les personnes ne bénéficiant pas du système d’assurance maladie, tandis que les affiliés bénéficient d’un tarif réduit de 7 dinars par séance, conformément aux tarifs appliqués au centre.
Des patients témoignent d’une amélioration de leur état de santé
Les patients suivis au centre témoignent d’une amélioration de leur état de santé et saluent la qualité de l’accueil ainsi que le suivi médical assuré durant leur parcours thérapeutique.
Mohamed Ben Saad, qui fréquente le centre depuis trois ou quatre ans, a indiqué avoir suivi environ 12 séances pour traiter des douleurs qui s’intensifiaient durant l’hiver et diminuaient en été.
Dans une déclaration à la TAP, il a expliqué avoir bénéficié de séances d’acupuncture et de thérapie thermique. Initialement sceptique à l’égard de cette approche, il affirme avoir constaté une amélioration progressive de son état et avoir besoin aujourd’hui de moins de séances qu’auparavant.
Il recommande cette méthode aux personnes souffrant de problèmes similaires, saluant la compétence des médecins chinois et leur relation avec les patients, estimant que la médecine traditionnelle chinoise « est une science fondée sur des bases connues qui nécessite des spécialistes qualifiés ».
De son côté, Khalil Krifi a raconté son expérience après avoir souffert d’une paralysie du nerf facial provoquée, selon lui, par une exposition au froid. Orienté vers le centre par une médecin spécialiste, il affirme avoir constaté une nette amélioration grâce notamment aux séances de massage et aux techniques de médecine traditionnelle chinoise.
Il a également évoqué le cas de sa fille âgée de sept ans, qui souffrait de crises d’épilepsie répétées, affirmant que son état s’était amélioré après son suivi au centre et que le nombre de crises avait diminué.
Khalil Krifi a enfin salué la qualité de l’accueil et le professionnalisme du personnel médical et administratif, estimant que l’attention accordée aux patients contribue à leur apporter confiance et sérénité.



