A la une Sport

Mouine Chaâbani désigné sélectionneur national : Ça ne suffit pas…

  • 20 juillet 2026
  • 4 min de lecture
Mouine Chaâbani désigné sélectionneur national : Ça ne suffit pas…

Un entraîneur qui connaît bien le football tunisien et ses rouages. Mais il a besoin de plus pour relancer l’équipe nationale.

La Presse — Alors que le chrono égrenait les secondes et que les éliminatoires africaines pointaient à l’horizon pour l’équipe nationale, il fallait prendre une décision.  Ce sera donc Mouine Chaâbani qui a été désigné sélectionneur national. Pour quatre ans et « un contrat à objectifs et non de résultats ». Une pirouette. Une de plus, qui ne sert à rien.

La FTF ne pourra jamais changer en l’espace de quelques semaines. Il faut faire avec, sans pour autant  fermer le dossier de la gestion qui a précipité la dilution d’une équipe nationale qui a quand même été, à un certain moment, une sorte de porte-drapeau du football africain.

La nomination d’un sélectionneur ne doit pas arrêter l’enquête à tous les niveaux, pour déterminer les responsabilités et prendre les mesures qui s’imposent après le fiasco du mondial américain. Donc, ce dossier, qui a précédé et conduit à la déroute, ne doit en aucun cas être clôturé par des coups d’éclats et des décisions flamboyantes à même de détourner l’attention.

Mouine Chaâbani nommé, il faudrait expliquer ce que cela signifie « contrat à objectifs et non de résultats ». Dans tout projet, les résultats comptent. Mais, bien entendu, il serait indélicat voire ridicule, dans une phase de reconstruction, de renvoyer le sélectionneur pour un tournoi perdu, une qualification ratée.

L’entraîneur de l’équipe du Japon est resté huit ans en place et le résultat, le vrai, nous l’avions vu à nos dépens. Cette équipe japonaise nous l’avions battue et voilà qu’elle nous ridiculise. Reste le choix de Mouine Chaâbani. Nous avons toujours souhaité avoir un technicien qui ne traîne pas de casseroles et cet homme nous semble crédible.

Gagneur, aimant le défi, il ne tremperait pas (nous l’espérons vivement) dans les histoires de régionalisme, d’appartenance à un club, de faiblesse vis-à-vis des agents de joueurs. Averti, connaissant certainement la chanson, il gardera ses distances. C’est ce dont a besoin cette sélection en phase de relèvement. Il sait que l’équipe de Tunisie puisait sa force dans sa solidarité sur le terrain. Une qualité complètement ignorée par l’éphémère sélectionneur Lamouchi, qui aurait mieux fait de se taire, le temps de se trouver un autre métier.

Plus de vedettes

Mouine Chaâbani part de ce fait avec l’avantage de reconstruire à partir de la base. Il n’a rien à rafistoler. La chance de cette sélection, c’est qu’elle n’a pas ou n’a plus de « vedettes ». Tout le monde est rentré dans les rangs. Il y a même des joueurs qui n’ont pas encore trouvé preneur. Parmi ceux qui ont été appelés, pour justifier les dépenses faites pour les «  dénicher  », il y a ceux qui doivent prendre le temps de mûrir. Si sa collaboration est bonne avec le nouveau DTN qui doit lui déblayer le terrain, il n’a besoin de rien d’autre pour faire du bon travail.

Mieux que cela, à deux, ils pourraient imposer les limites des membres fédéraux en fixant les attributions de chaque partie prenante. Son expérience acquise, lors de son passage dans la Bottola marocaine, l’a sans doute endurci. C’est à l’avantage de cette sélection qui a bien besoin d’une main et d’une volonté de la secourir et de la guider sur le chemin de la renaissance pour ne pas dire résurrection.

Auteur

Kamel GHATTAS

You cannot copy content of this page