Société

Assoiffés, les habitants d’El Haouaria coupent la route et exigent d’être raccordés à la SONEDE

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  • 21 juillet 2026
  • 4 min de lecture
Assoiffés, les habitants d’El Haouaria coupent la route et exigent d’être raccordés à la SONEDE

Exaspérés par une pénurie d’eau potable qui dure depuis le mois de mai, plusieurs localités rurales du gouvernorat de Nabeul se révoltent. Sous un soleil de plomb et en pleine canicule, les protestataires sont sortis à El Haouaria pour dénoncer la faillite des groupements hydrauliques locaux tout en criant halte aux solutions de replâtrage.

Il faut dire que cette grogne sociale exprimée ce mardi 21 juillet 2026 est compréhensible. Celle-ci a été précédée par des semaines de privation d’eau. La patience des habitants de plusieurs villages et localités rurales rattachés à la délégation d’El Haouaria au gouvernorat de Nabeul a été mise à rude épreuve en cette période de canicule suffocante.

Ces derniers ont donc décidé de protester en bloquant les axes routiers de la région. Ce mouvement de colère citoyenne vise à alerter les autorités régionales sur un système d’approvisionnement en eau potable paralysé tant les secteurs d’El Karmania, Sidi Hassoun, El Nchâa, Tazghrane et Bir El Jedy, vivent assoiffés.

S’exprimant au micro de Jawhara FM, ces habitants qui ne trouvent pas de quoi étancher leur soif en ces temps de forte chaleur, ont dénoncé l’indifférence de l’administration face à leur calvaire quotidien qui dure depuis le mois de mai dernier. Ils ont rapporté une situation insoutenable d’autant plus que le thermomètre pulvérise les normales saisonnières.

Les témoignages illustrent en effet une profonde détresse collective où les protestataires ont crié un désespoir de plusieurs familles tout en révélant que l’eau coule de manière extrêmement faible et intermittente et ce, durant une seule fois tous les dix jours. Ils ont rapporté que ce débit dérisoire ne permet même pas de couvrir les besoins vitaux d’hydratation et de cuisine.

Tout en en qualifiant cette situation de « scandaleuse », les manifestants disent pourtant s’acquitter régulièrement de leurs factures de consommation. Cependant, soif oblige, ils se retrouvent contraints d’acheter de l’eau non contrôlée à des prix exorbitants. Cette eau, relatent-ils, est acheminée par des tracteurs et des citernes mobiles privées. « Cette logistique de secours impose un surcoût budgétaire lourd et intenable pour les ménages ruraux au cœur de l’été », ajoutent-ils.

Pour le collectif des usagers d’El Haouaria, l’origine du mal est purement structurelle et ne peut plus être résolue par des interventions fortuites et des solutions de rafistolage. Les grévistes pointent du doigt la multiplication des avaries techniques sur des conduites vétustes, le manque chronique de pression dans les réservoirs de stockage et la faillite chronique de la gestion par les groupements hydrauliques qui s’avèrent, toujours selon les témoins, « incapables d’assurer la maintenance des pompes et d’adapter le réseau aux évolutions démographiques ».

Face à cette situation, les manifestants disent que désormais, ils refusent catégoriquement de se contenter de promesses de réparations provisoires, telles que avancées par le commissariat au développement agricole. Les doléances des villageois semblent avoir atteint son paroxysme ! Ils exigent une décision politique tranchante à même de leur assurer le transfert immédiat et définitif d’eau potable à haut débit.

Il est d’ailleurs à noter que multiples localités relevant de la région du Cap Bon souffrent de manque ou de coupures récurrentes d’eau. Et partout sur le territoire, le débit diurne de l’eau s’avère très faible… L’eau dans les robinets semble à peine tousser… Une situation qui rajoute une couche au désarroi des Tunisiens par ces temps spécialement chauds et difficiles !

Oui, ceci met le citoyen sous une haute tension ! Dehors, le mercure s’affole, les intérieurs des foyers tunisiens ne sont pas toujours frais tant l’électricité n’est disponible que par intermittence et l’eau fraiche est une denrée rare. Une situation pénible ! C’est à croire que ce calvaire nous initie au goût de l’enfer !

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Auteur

Abir Chemli

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