Le système de santé public tunisien s’apprête à franchir un palier technologique décisif pour optimiser la prise en charge des patients. La chargée de mission Inès Ayadi annonce justement la finalisation de la plateforme nationale de « e-santé ». Articulée sur la généralisation de l’Identifiant Unique de Santé, ce dispositif permettra aux patients des hôpitaux de gérer leurs dossiers médicaux en ligne en attendant une extension des serveurs vers le secteur privé.
C’est dans un communiqué informatif officiel diffusé ce mardi 21 juillet 2026 que la direction générale du ministère de la Santé a annoncé le lancement imminent de la Plateforme Nationale pour la Santé du Citoyen, baptisée « Sahetna.tn ». Intervenant dans une vidéo explicative institutionnelle, Inès Ayadi, chargée de mission auprès du ministère, a révélé que ce portail numérique centralisé, unifié et hautement sécurisé est entré dans sa phase finale de configuration technique et de déploiement réseau, ouvrant ainsi la voie à une dématérialisation complète des interactions médicales pour les citoyens de la République.
Ce nouveau guichet virtuel offre une autonomie de gestion médicale inédite pour les patients tunisiens. De fait, la plateforme permettra à chaque usager de suivre en temps réel l’historique complet de son parcours de soins, de consulter et de planifier ses prochains rendez-vous auprès des hôpitaux, et de manager en toute simplicité les fiches de santé électroniques de son foyer et de ses enfants mineurs.
L’épine dorsale de cette transition numérique repose sur l’intégration de l’Identifiant National de Santé (INS), un code d’immatriculation biomédical personnel et unique dont le ministère a déjà initié la généralisation progressive au sein de l’ensemble des structures sanitaires et des centres hospitalo-universitaires (CHU) du réseau étatique.
Vers une interconnexion avec les cliniques privées
Pour la haute administration sanitaire, l’INS transcende le simple statut de numéro d’archive ou de carte d’identité administrative. Inès Ayadi a indiqué que ce protocole de codification est le sésame de l’accès aux soins de proximité. Il servira à simplifier les procédures, à désenclaver les structures régionales et à élever les standards de performance du service public.
« La mise en place de ce dossier médical partagé unifié permettra de fluidifier le transfert des données cliniques entre les services d’urgence et les blocs opératoires, de sanctuariser le secret médical grâce à des protocoles de cryptage informatique stricts conformes aux normes de protection des données personnelles, et de nettoyer les bases de données en éradiquant définitivement le fléau des dossiers redondants ou des pertes d’historiques d’examens », a-t-elle exploqué.
Les conclusions de la phase de test valident la robustesse industrielle du projet de « e-santé » de la Kasbah. A ce titre, la chargée de mission a, en effet, confirmé la réussite totale du déploiement de l’expérience pilote de l’INS menée au cours des derniers mois dans un contingent d’hôpitaux de référence.
Forte de ces indicateurs techniques positifs, la feuille de route du ministère prévoit désormais de transcender les frontières du secteur public. Des commissions techniques paritaires vont être activées pour étendre et généraliser progressivement l’Identifiant National de Santé et le portail Sahetna.tn aux structures de soins, laboratoires et cliniques du secteur privé, une synergie indispensable pour doter la Tunisie d’un écosystème de santé interconnecté, moderne et protecteur de la santé humaine.



