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CA – Il claque la porte et va à Ittihad Tripoli : L’incorrigible Faouzi Benzarti !

  • 22 juillet 2026
  • 7 min de lecture
CA – Il claque la porte et va à Ittihad Tripoli : L’incorrigible Faouzi Benzarti !

Après avoir entamé la reprise et engagé le club par des recrutements sur sa demande, il choisit de s’évader derrière l’argent d’Ittihad Tripoli. Il ne changera jamais, ce bonhomme !

La Presse —Vous pouvez dire de lui qu’il est le meilleur entraîneur tunisien (selon le critère des titres gagnés seulement), l’entraîneur le plus autoritaire , celui qui sait gagner même sans convaincre, mais vous ne pourrez jamais lui attribuer le qualificatif de «responsable» ou «fiable». Il ne l’a jamais été pendant toute sa carrière et il le ne le sera probablement pas un jour.

A 76 ans, Benzarti est toujours ce monsieur qui ne respecte pas sa parole, celui qui change de loyauté et d’engagement pour quelques dollars de plus (ou milliers de dollars, peu importe). Un vice insoutenable qui entache sa carrière et qui explique sûrement pourquoi il est resté collé aux succès nationaux et incapable de rayonner ailleurs à part quelques éclairs.

Professionnalisme, loi du marché, tout cela est bon à accepter, tout cela se comprend dans ce football d’aujourd’hui où l’argent dicte tout. Mais pour le cas de Faouzi Benzarti et sa énième fugue du CA, l’histoire est toute autre. Le cas de cette intersaison est typique à Benzarti : il l’a fait à l’EST en 2007, il l’a fait au CA en 2024 quand il s’est mis d’accord avec Kamel Idir pour diriger la sélection alors que le CA jouait contre le ST au Bardo.

Le dernier épisode est sûrement plus lourd et plus laid : après avoir gagné le titre de champion de Tunisie, Benzarti, qui avait un contrat jusqu’au 30 juin, a laissé traîner les choses et le temps sans donner un accord aux dirigeants pour continuer. Il a même dirigé la reprise, fixé le programme de préparation, imposé le recrutement de Yassine Meriah et plus tard de Chikhaoui (sur insistance de son fils et manager qui avait la mainmise sur le mercato clubiste), rencontré les dirigeants pour les prochains recrutements.

Bref, il a laissé passer le temps, rassuré un Mehdi Miled dépassé par les événements, alors qu’il négociait depuis plus d’un mois avec Ittihad Tripoli.  Ce n’était pas un canular, les Libyens l’amadouaient avec un salaire quadruplé sachant que c’est quelqu’un qui n’a pas froid aux yeux quand il s’agit d’argent.

Ils ont réussi à le convaincre, et entretemps, Faouzi Benzarti jouait sur les deux tableaux jusqu’à ce qu’il obtienne gain de cause. Plus de 20 jours où il a entraîné sans avoir signé un nouveau contrat et tout cela sous les yeux des dirigeants clubistes qui comptaient sur la parole qu’il a donnée pour continuer.

Un leurre dans lequel ils sont tombés naïvement. En pleine préparation, Benzarti lâche le CA, une tourmente pour certains, une délivrance pour ses détracteurs. Mais dans tout cela, le CA, fidèle à ses habitudes chaque fois qu’il gagne un titre,  devra s’adapter vite et éviter que ce triste épisode ne le secoue d’ici le début du championnat.

Mauvais geste envers le CA

Certains disciples inconditionnels de l’ex-entraîneur clubiste lui trouvent toujours des alibis pour ses innombrables dérapages et ses « coups bas». Plus que l’intérêt financier, il y a l’honneur d’un entraîneur, sa loyauté et sa reconnaissance envers  une institution qui l’a « dépoussiéré » après son fiasco en sélection ( n’oubliez pas qu’il a été limogé après avoir raté le début des éliminatoires de la CAN 2025).

Chassé et hué même par son club de toujours, l’USM, et aussi «humilié» par le public de l’EST en 2017 alors qu’il gagnait, c’était toujours le CA et son public qui le soutenaient. Un club qu’il a mis aux devants de la scène en 1990 alors qu’il a gagné deux ans auparavant un titre de champion avec l’ESS dans l’ombre de Abdelmajid Chettali.

Cette année-là, Benzarti a gagné un titre qui a longtemps échappé aux Etoilés, mais la saison d’après, il a semé la pagaille dans les vestiaires avec la fameuse grève des joueurs qui lui a coûté sa place. En 1999, il est sorti par la petite porte après avoir perdu la finale africaine contre Africa Sports.

Il est revenu et parti, mais à chaque fois, le public du CA l’a toujours idolâtré, et lui aussi disait que le CA était un club spécial pour lui. Des paroles vaines pour un technicien dont les dérives et le stress qu’il crée dans chaque club qu’il dirige, deviennent insupportables. Il pouvait dire qu’il voulait gagner plus et partir en Libye et ne pas engager le club avant de fuir.

Il pouvait s’arrêter là et personne ne l’aurait blâmé, mais il voulait assurer une place au CA au cas où les négociations avec les Libyens échoueraient. La version qu’il veut diffuser à travers ses amis et adeptes est, sans doute, fausse. Benzarti a failli à son engagement moral et n’a pas respecté sa parole, telle est la réalité sans masque.

Avec ce énième coup, Faouzi Benzarti, quel que soit son savoir-gagner, a perdu beaucoup d’estime et d’affection de la part du public clubiste. Un mauvais geste immoral que les grands entraîneurs ne font jamais, ceux qui ont des principes et qui n’agissent pas tels des «mercenaires ». Peut-être que son départ est un mal pour un bien pour une équipe qui veut s’améliorer.

Le titre gagné, en bonne partie parce que l’EST était en chute libre et déboussolée, ne doit pas escamoter les lacunes du jeu au CA, et les choix discutables de Benzarti. Il a gagné oui, et c’est un gagneur, on ne le discute pas, mais il n’a jamais été un bâtisseur, ni un entraîneur-leader qui change le vécu des clubs.

Il est là pour une saison, et il sait bien que la chance ne peut pas être toujours à ses côtés. Il file donc à la moindre occasion ,cherchant l’argent. Au CA, à l’EST, à l’USM, à l’ESS, au WAC, en Libye, il n’a pas laissé de bons souvenirs surtout quand il quitte ses fonctions. Il est temps quand même de cesser de l’encenser et d’exagérer ses réussites et oublier ses terribles échecs et ses limites reconnus par les joueurs et les entraîneurs qui ont travaillé avec lui et qui n’osent pas le dire en plein public.

Faouzi Benzarti est un entraîneur gagneur, pas plus, mais il n’est pas quelqu’un de correct vis-à-vis des clubs. Un affamé d’argent, qui n’a pas d’ambitions sportives à moyen terme, qui n’a aucun sens de la responsabilité et du respect des institutions. Le CA repartira sans doute sans lui, ce n’est pas la fin du monde. Au contraire, les Clubistes peuvent trouver des techniciens plus fiables et capables de bâtir un vrai projet de jeu loin du cinéma de Benzarti.

Auteur

Rafik EL HERGUEM

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