La vague d’incendies qui touche la Tunisie depuis le 10 juillet 2026, dans un contexte marqué par une hausse exceptionnelle des températures, a détruit jusqu’à présent plus de 4 000 hectares de superficies forestières, contre environ 2 700 hectares durant toute l’année précédente, a indiqué Sahbi Ben Dhiaf, directeur de la conservation des forêts à la Direction générale des forêts relevant du ministère de l’Agriculture.
Un incendie difficile à maîtriser au Kef
Intervenant ce vendredi 24 juillet 2026 sur les ondes de Diwan FM, le responsable a qualifié l’incendie qui ravage actuellement les zones de Touiref et Takrouna dans le gouvernorat du Kef comme l’un des feux les plus importants et les plus dangereux enregistrés cette année.
Selon Sahbi Ben Dhiaf, la progression des flammes est favorisée par plusieurs facteurs, notamment la présence de forêts de pin d’Alep, une essence particulièrement inflammable, ainsi que la nature accidentée du relief qui complique l’intervention des équipes de lutte contre les incendies.
Il a estimé que les opérations de maîtrise du feu au Kef pourraient nécessiter plus d’une semaine, compte tenu des difficultés liées au terrain et aux caractéristiques de cette couverture forestière.
Un risque transfrontalier avec l’Algérie
Le responsable de la conservation des forêts a également expliqué que l’extension géographique des massifs forestiers vers le gouvernorat de Jendouba et les zones frontalières avec l’Algérie favorise parfois une interaction des incendies entre les deux pays.
Cette configuration rend la surveillance et la lutte contre les feux plus complexes, notamment dans les zones montagneuses et difficiles d’accès.
Au-delà de la perte écologique, Sahbi Ben Dhiaf a rappelé que les forêts touchées abritent des ressources naturelles à forte valeur économique pour les populations locales.
Il a notamment cité les plantes aromatiques et médicinales, comme le romarin, le thym et le genévrier, ainsi que les activités liées à l’apiculture et à la production de pignons de pin d’Alep (« zgougou »).
Ces ressources représentent une source de revenus importante pour les habitants des zones forestières et constituent également un élément du patrimoine économique national.
Face à l’intensification des incendies durant cette période de fortes chaleurs, les autorités forestières appellent à davantage de vigilance, alors que les températures élevées continuent de créer des conditions favorables à la propagation rapide des feux.
S.R



