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Huile d’olive : épargnée par les nouveaux droits américains, la Tunisie gagne un avantage face à ses concurrents

  • 28 juillet 2026
  • 3 min de lecture
Huile d’olive : épargnée par les nouveaux droits américains, la Tunisie gagne un avantage face à ses concurrents

La filière tunisienne de l’huile d’olive confirme sa dynamique à l’international. Les exportations tunisiennes ont atteint 352 mille tonnes durant les huit premiers mois de la campagne oléicole 2025-2026 (novembre 2025-juin 2026), enregistrant une progression de 56,7 % par rapport à la même période de la campagne précédente.

Selon les données de l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI), les exportations sont passées de 224,6 mille tonnes à 352 mille tonnes sur la même période. En valeur, les recettes ont progressé de 45 %, pour atteindre 4,394 milliards de dinars tunisiens, soit environ 1,29 milliard d’euros, contre 3,03 milliards de dinars un an auparavant.

Cette performance intervient dans un contexte commercial particulièrement favorable pour les exportateurs tunisiens, notamment sur le marché américain.

Selon l’agence italienne ANSAmed, la Tunisie ne figure pas parmi les 60 économies visées par les nouvelles mesures tarifaires américaines adoptées dans le cadre des enquêtes menées au titre de la section 301 du Trade Act. Les produits tunisiens ne sont donc pas concernés par les nouvelles surtaxes additionnelles prévues pour les pays ciblés, même si les exportations tunisiennes restent soumises au régime douanier ordinaire applicable aux États-Unis.

Cette situation pourrait constituer un avantage relatif pour l’huile d’olive tunisienne face à certains concurrents méditerranéens concernés par ces nouvelles mesures. L’agence ANSAmed souligne toutefois qu’il ne s’agit pas d’une exemption spécifique accordée à la Tunisie, mais simplement du fait que le pays n’a pas été inclus dans la liste des économies ciblées.

Les États-Unis confirment leur place de marché stratégique

Le marché américain occupe désormais une place centrale dans la stratégie d’exportation tunisienne. Selon les données ONAGRI, les États-Unis figurent parmi les principaux acheteurs de l’huile d’olive tunisienne, derrière l’Espagne et l’Italie.

Au cours des huit premiers mois de la campagne, l’Espagne a absorbé 32,4 % des volumes exportés, suivie par l’Italie avec 19,7 %, puis les États-Unis avec 19,4 %.

L’Europe reste toutefois la première destination globale de l’huile tunisienne, avec 56,8 % des volumes exportés, devant l’Amérique du Nord (24,2 %), l’Asie (11,3 %) et l’Afrique (3,9 %), selon les données citées par Agenzia Nova.

Une filière qui doit encore mieux valoriser son produit

Malgré cette progression, un défi majeur demeure : celui de la valorisation locale. Mais l’huile d’olive conditionnée représente seulement 13,7 % des exportations tunisiennes, tandis que 86,3 % quittent encore le pays sous forme de vrac.

Cette situation limite la capacité de la Tunisie à capter davantage de valeur ajoutée, alors qu’une partie de son huile est ensuite conditionnée et commercialisée sur les marchés internationaux par des opérateurs étrangers.

Le segment biologique confirme également le potentiel du produit tunisien. Les exportations d’huile biologique ont atteint 47,3 mille tonnes durant les huit premiers mois de la campagne, avec une valeur estimée à 622,4 millions de dinars, selon les chiffres repris par Agenzia Nova.

Avec une production exportée en nette progression et une conjoncture commerciale favorable aux États-Unis, la Tunisie dispose d’une nouvelle fenêtre d’opportunité pour renforcer la présence de son huile d’olive sur les marchés internationaux.

Mais l’enjeu dépasse désormais les volumes exportés : il s’agit pour la filière tunisienne de gagner davantage en valeur, notamment à travers le développement du conditionnement local, des marques tunisiennes et d’une meilleure commercialisation directe auprès des consommateurs étrangers.

R.I

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R. I

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