Editorial

Vision stratégique du développement scientifique

  • 28 juillet 2026
  • 3 min de lecture
Vision stratégique du développement scientifique

Conscient de l’enjeu technologique et de l’importance de son impact, notre pays a fait de la super-informatique et de l’innovation un choix stratégique pour son avenir socio-économique. Le lancement, récemment, d’un supercalculateur au Centre de calcul El Khawarizmi témoigne, d’ailleurs, de cette orientation stratégique.

Cette nouvelle réalisation, somme toute majeure, atteste de l’attachement de la Tunisie à réinventer son économie et à l’orienter vers de nouveaux modèles hautement performants et, surtout, capables de garantir une croissance globale et durable.

Une ambition tout à fait légitime, surtout qu’on parle de domaines d’action ciblés et pointus, à savoir l’énergie propre, l’intelligence artificielle, l’agriculture innovante et l’économie circulaire ou encore verte.

Il est toujours utile, toutefois, de préciser que ce nouveau supercalculateur, lancé dans le cadre de la coopération chinoise, traduit la volonté de notre pays de s’adapter, régulièrement, aux standards internationaux, d’anticiper les nouvelles tendances, d’échanger les expertises et d’élargir les capacités productives et compétitives de nos ressources nationales et garantir, notamment, leur durabilité.

Mais ce qui est réellement plus important, c’est que ce nouvel atout pourrait aider, progressivement, la Tunisie à passer du stade de «récepteur» à celui de «concepteur» technologique, grâce à ce partage.

Et cette orientation n’est pas étrangère à notre pays qui, depuis quelques années, et face à la complexité des enjeux stratégiques du développement économique  national, a fait de l’innovation technologique un principe de base, même si le rythme d’avancement est toujours qualifié de lent et timide. Désormais, on est en face de toute une transformation intelligente qui repose sur une vision stratégique du développement, notamment scientifique.

D’ailleurs, l’initiative Horizon 2035 qui fixe les principales exigences de l’innovation, l’installation de ce nouveau supercalculateur, la garantie d’une bonne circulation du savoir, l’identification de programmes spécifiques pour  la valorisation de nos compétences  ou encore la multiplication des partenariats ciblés corroborent ce choix d’avenir.

Reste que pour bien conduire cette transformation ambitieuse, il est indispensable de s’adosser à un ensemble de compétences avancées capables de répondre aux exigences complexes de la gestion technologique, notamment en termes de cybersécurité, de transfert et d’analyse des données, de pilotage des nouveaux outils et de bonne intégration des expertises.

Des enjeux qui reposent, eux-mêmes, sur la disponibilité d’un réseau de formation professionnel moderne et bien adapté aux standards internationaux.

L’on reconnaît, justement, que notre système actuel est loin de répondre à de telles attentes, faute de modernisation, d’adaptation aux besoins réels du marché économique et ses différentes tendances. Sans parler de la timidité des investissements productifs au niveau de ce domaine stratégique. Des défaillances sérieuses qui nécessitent des corrections rapides et ciblées.

Auteur

Anis SOUADI

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