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Hydrogène vert : les trois mégaprojets tunisiens pour exporter de l’énergie propre vers l’Europe

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  • 30 juillet 2026
  • 5 min de lecture
Hydrogène vert : les trois mégaprojets tunisiens pour exporter de l’énergie propre vers l’Europe

La Tunisie accélère ses ambitions dans le domaine de l’hydrogène vert avec trois grands projets destinés à transformer son potentiel énergétique en un véritable levier économique. À travers des partenariats internationaux et une stratégie tournée vers l’exportation, le pays cherche à se positionner comme un acteur clé de la transition énergétique en Méditerranée et comme un futur fournisseur d’énergie propre pour l’Europe.

Selon une analyse publiée par la plateforme spécialisée Attaqa, basée à Washington, la Tunisie ambitionne de renforcer sa présence sur le marché mondial de l’hydrogène vert grâce à plusieurs projets industriels majeurs, combinant production d’énergies renouvelables, fabrication d’hydrogène et développement d’infrastructures d’exportation vers les marchés européens.

Derrière cette ambition se trouve un enjeu stratégique : transformer l’avantage naturel du pays, notamment son fort potentiel solaire et sa proximité géographique avec l’Europe en opportunité économique durable.

Parmi les projets les plus avancés figurent trois initiatives considérées comme structurantes pour l’avenir énergétique du pays.

Un projet saoudien pour produire 600 000 tonnes d’hydrogène vert par an

Le premier projet concerne un partenariat avec un acteur saoudien spécialisé dans les énergies renouvelables et l’hydrogène vert.

Selon les informations rapportées par Attaqa, ce projet vise une capacité de production pouvant atteindre 600 000 tonnes d’hydrogène vert par an, destinées principalement à l’exportation vers l’Europe.

Le projet prévoit la construction d’installations intégrant des capacités importantes de production d’énergies renouvelables ainsi que des unités d’électrolyse permettant de produire de l’hydrogène à partir de l’eau et d’électricité issue de sources propres.

TotalEnergies et Verbund : un projet pouvant atteindre un million de tonnes par an

Le deuxième grand chantier repose sur la coopération entre la Tunisie, le groupe français TotalEnergies et l’entreprise autrichienne Verbund.

Un mémorandum d’entente a été signé en mai 2024 entre le ministère tunisien de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie et les deux entreprises étrangères.

D’après Attaqa, ce projet prévoit dans une première phase une production de 200 000 tonnes d’hydrogène vert par an à l’horizon 2030, avec une montée en puissance progressive pouvant atteindre un million de tonnes annuellement.

Les investissements annoncés sont considérables : environ 8 milliards d’euros pour la première phase  et jusqu’à 40 milliards d’euros à terme, selon l’évolution du projet.

Cette initiative illustre l’intérêt croissant des grands groupes énergétiques internationaux pour le potentiel tunisien, notamment grâce à la disponibilité des ressources solaires et à la position géographique du pays, situé aux portes du marché européen.

L’ammoniac vert : un autre pilier de la stratégie tunisienne

Le troisième projet mis en avant concerne la production d’ammoniac vert, un dérivé de l’hydrogène utilisé notamment dans l’industrie des engrais.

Selon la même source, la Tunisie travaille à la création d’une unité commerciale destinée à répondre aux besoins du marché national en fertilisants tout en réduisant l’impact environnemental de cette industrie.

Ce projet pourrait également valoriser les ressources issues de l’industrie phosphatière, notamment le phosphogypse, afin de développer une production plus respectueuse de l’environnement.

Une stratégie nationale tournée vers l’Europe

Ces projets s’inscrivent dans une stratégie plus large de développement de l’hydrogène vert. Selon Attaqa, la Tunisie vise à l’horizon 2050 l’exportation de 6,3 millions de tonnes d’hydrogène vert par an vers l’Union européenne, en plus d’une production destinée au marché local sous forme de dérivés comme l’ammoniac, le méthanol ou les carburants synthétiques verts.

Le pays prévoit également la mise en place d’une unité de production d’ammoniac vert dans la zone industrielle de Gabès, un choix qui s’explique par l’importance historique de cette région dans l’industrie chimique et phosphatière.

Pour accompagner ces investissements, la Tunisie compte aussi sur le soutien d’institutions financières internationales, notamment à travers des mécanismes de financement liés à la transition énergétique.

L’Italie, une porte d’entrée vers le marché européen

Au-delà de la production, la question du transport représente un enjeu majeur. La Tunisie mise notamment sur un partenariat stratégique avec l’Italie, considérée comme une passerelle essentielle vers l’Europe.

D’après les éléments rapportés par Attaqa, Tunis envisage le développement d’un corridor permettant l’acheminement de l’hydrogène vert vers le continent européen.

Cette ambition s’inscrit également dans le projet de « corridor hydrogène » reliant l’Afrique du Nord à l’Europe, avec une infrastructure de transport prévue sur environ 3 300 kilomètres, reliant notamment l’Algérie, la Tunisie et plusieurs pays européens.

Au-delà de la transition écologique, l’hydrogène vert représente pour la Tunisie une opportunité économique majeure : attirer des investissements étrangers, créer de nouvelles activités industrielles et renforcer son rôle stratégique dans les échanges énergétiques entre l’Afrique du Nord et l’Europe.

Le défi reste toutefois important. La réussite de ces projets dépendra de plusieurs facteurs : la mobilisation des financements, l’accélération des infrastructures renouvelables, la stabilité réglementaire et la capacité à transformer les annonces en réalisations concrètes.

Mais une chose est déjà certaine : dans la nouvelle carte énergétique méditerranéenne, la Tunisie entend désormais jouer un rôle qui dépasse celui de simple consommateur d’énergie. Elle veut devenir un acteur de la transition énergétique européenne.

R.I

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Auteur

La Presse

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