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Billet : CA, ce provisoire qui perdure …

  • 31 juillet 2026
  • 3 min de lecture
Billet : CA, ce provisoire qui perdure …

La Presse — A chaque fois que le Club Africain gagne un titre ou réalise un exploit, tout le monde prédit, systématiquement, un début de relance, une certaine continuité et les perspectives d’une stabilité durable. Malheureusement, ce ne sont que de pures illusions. Car, le club de Bab Jedid confirme, d’une année à l’autre, qu’il souffre d’instabilité chronique, surtout après un sacre. On dirait que la malédiction frappe après la ferveur. La joie est vite gâchée par des crises financières, par des guerres de clan au sein des dirigeants, et des « changements incessants de staff technique qui plombent la continuité technique », comme l’affirment certains observateurs. Et ce sont, généralement, les mêmes problèmes qui reviennent, chaque nouvelle saison, à la charge. On pense, d’abord, aux difficultés financières qui n’en finissent jamais malgré les promesses et les déclarations rassurantes des uns et des autres. Un casse-tête annuel qui bloque l’avancement du club, fausse ses ambitions et empêche toute planification à moyen et long termes. On se retrouve ainsi dans le provisoire, souvent, sans mérite.

Le complotisme, les conflits d’intérêts ou encore la guerre des responsabilités ont, de leur côté, perturbé d’une manière profonde la marche du club.

Une telle confusion est très lourde de conséquences au niveau de la gestion de l’effectif disponible, puisque il se retrouve sans vison, sans vis-à-vis et sans aucune certitude.

Et c’est, bien évidemment, cette navigation à vue qui ne permet pas au club de voir loin, ce qui explique ces mêmes problèmes qui se répètent pour devenir ainsi chroniques. On pense ainsi aux litiges réguliers auprès de la Fifa et qui bloquent, à chaque fois, les recrutements du club. On pense, aussi, aux dettes qui s’accumulent régulièrement et qui empêchent chaque nouveau comité directeur de travailler dans la sérénité et de se concentrer sur ce qui est important, c’est-à-dire le volet professionnel et non pas extra-sportif. Le plus grave, c’est que cette manière de gérer le provisoire n’autorise pas le club à faire des projections ou encore de s’engager dans un projet sportif solide et ambitieux. Et c’est généralement de jeunes talents prometteurs qui en payent régulièrement le prix fort.

Désolant, car la formation et la « création » de talents ont constitué pour longtemps le principal référentiel du club. Les Rouissi, Sellimi, Saidi, Khalfaoui, Touati… n’en sont que des échantillons.

Aujourd’hui, le blocage clubiste a besoin de toute une réinvention qui permettrait au club, du moins à moyen terme, de retrouver ses repères et son statut d’autrefois. Cela suppose, bien évidemment, une rupture totale avec les vieux démons pour se lancer dans une restructuration sérieuse et bien orientée. Cela suppose également, comme le soutiennent certains observateurs, un passage rapide d’une gestion associative fragile à une entreprise transparente et bien structurée.

Une orientation stratégique qui aurait, certainement, besoin, d’une ouverture du capital aux « investisseurs institutionnels, aux entreprises locales et aux actionnaires de référence ». Loin des diktats du comité des sages.

Auteur

Anis SOUADI

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