Clôture du festival d’Oudhna : Hédi Habbouba, le roi du mezoued, fait vibrer l’amphithéâtre romain
Le site archéologique d’Oudhna a vécu, dimanche soir, au rythme d’une soirée festive exceptionnelle. Le maître incontesté de la chanson populaire tunisienne, l’artiste virtuose Hédi Habbouba, y a retrouvé un public venu en masse remplir les gradins du théâtre antique pour célébrer la clôture de la deuxième édition du Festival international des arts populaires d’Oudhna.
À travers cet hommage, les organisateurs du festival ont tenu à saluer la mémoire vivante d’un monument artistique qui a joué un rôle pionnier dans la promotion, la diffusion et l’enrichissement du patrimoine musical populaire tunisien. Portant les sonorités du dialecte local aux quatre coins du globe, Hédi Habbouba s’est produit dans plus d’une centaine de destinations à travers le monde, conquérant les plus prestigieuses scènes d’Orient et d’Occident. Ses chansons, gravées à jamais dans la mémoire collective, sont aujourd’hui reprises par de nombreuses voix.
Une pléiade d’artistes pour un hommage vibrant
L’apparition de l’artiste sur la scène du théâtre antique s’est faite en ouverture et en clôture de la soirée. Entre ces deux moments forts, le virtuose a cédé le micro à une sélection de figures de la chanson populaire venues saluer son immense parcours. Naji Ben Nejma, Monji Ben Ammar, Mondher Meynou et Habib Chankaoui ont ainsi offert au public un bouquet composé des plus grands succès de Habbouba, tels que « Majabouk Arab Ya Maryem », « Ah Ah Ya El Mani », « Lilet El Mezoued Khaddem », « Hak Dallali » ou encore « Sabri Sabrine Eyma ».
Fort d’une carrière s’étalant sur plus de cinq décennies, Hédi Habbouba conserve une empreinte vocale intacte, véritable signature de son identité musicale. Malgré le poids des années, l’artiste prouve qu’il n’a rien perdu de son magnétisme. Fidèle à son image de toujours, mobile et expressif sur scène, il évolue en parfaite harmonie avec les rythmes de sa musique populaire, s’imposant comme la pièce maîtresse du spectacle — l’incarnation même d’un créateur façonné par l’expérience et fondateur d’un style unique.
Reconnaissance institutionnelle et ferveur populaire
Dans une brève déclaration accordée à la TAP, Hédi Habbouba a exprimé sa fierté de se produire sur la scène d’Oudhna pour cette soirée de clôture. Saluant cette initiative, il s’est dit profondément touché par la loyauté d’un public chaleureux qui a investi les moindres recoins de l’amphithéâtre.
Symbole fort de cette reconnaissance, la ministre des Affaires culturelles a rendu hommage à l’artiste lors de la soirée. Un geste plein de sens qui a suscité une vive émotion chez le « roi du mezoued », venant concrétiser la gratitude des institutions envers son immense contribution au patrimoine musical populaire. Cet élan de reconnaissance a trouvé un écho vibrant dans les gradins, où les spectateurs ont chanté et dansé tout au long de la nuit.
Plus qu’un simple concert, la soirée de Hédi Habbouba s’est dressée comme un pont entre la majesté du théâtre romain et la vitalité du folklore tunisien. Malgré une présence sur scène plus courte que prévu, l’artiste a prouvé une fois de plus sa capacité unique à fédérer les foules, illuminant les visages et insufflant une joie communicative à tous les assistants.



