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Crise de l’électricité : “La Tunisie doit ouvrir le débat sur le nucléaire”, estime un expert

  • 3 août 2026
  • 4 min de lecture
Crise de l’électricité : “La Tunisie doit ouvrir le débat sur le nucléaire”, estime un expert

La crise énergétique liée au déséquilibre entre l’offre et la demande d’électricité pourrait se prolonger durant plusieurs années, selon l’ingénieur et expert en énergie Fouad Ali. Face à la progression attendue de la consommation, notamment avec l’essor des véhicules électriques et des centres de données, il estime nécessaire d’engager un débat national sur le recours éventuel à l’énergie nucléaire.
Intervenant ce lundi 3 août 2026 sur Jawhara FM, Fouad Ali a indiqué que la Tunisie doit anticiper les évolutions futures du secteur énergétique et adapter sa stratégie aux nouveaux besoins.
Selon lui, la demande en électricité devrait connaître une nouvelle progression dans les prochaines années, portée notamment par le développement des nouvelles technologies, l’augmentation des besoins numériques et la transition vers la mobilité électrique.
“ Il faudra inévitablement ouvrir un débat national sérieux sur l’énergie nucléaire afin de garantir les besoins énergétiques du pays”, a-t-il estimé.

Des mesures urgentes pour améliorer l’efficacité du système actuel

À court terme, l’expert propose plusieurs mesures pour limiter la pression sur le système électrique national. Il recommande notamment de réaliser des opérations d’amélioration technique et d’audit énergétique sur le parc actuel de production afin de récupérer environ 10% des capacités perdues en raison des conditions climatiques, soit entre 100 et 200 mégawatts supplémentaires.
Il préconise également une révision du système tarifaire de l’électricité ainsi que la mise en place de mécanismes d’incitation et de régulation visant à mieux orienter la consommation. Ces mesures devraient être accompagnées, selon lui, par des campagnes nationales de sensibilisation financées à travers le Fonds de transition énergétique.

Une évolution de la stratégie énergétique depuis 2011

Revenant sur l’évolution du secteur électrique tunisien, Fouad Ali a rappelé que la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) reposait auparavant sur une planification anticipative permettant d’assurer un équilibre entre les investissements et l’évolution de la demande.
Il a toutefois estimé que les transformations enregistrées après 2011 ont entraîné une forte hausse de la consommation, notamment avec la multiplication des équipements de climatisation, souvent installés sans véritable maîtrise de leur impact énergétique.
L’expert a en outre considéré que l’adoption, en 2015, du cadre juridique relatif aux énergies renouvelables a constitué un tournant dans la politique énergétique, avec une orientation accrue vers le développement des concessions privées, au détriment, selon lui, des investissements dans les centrales thermiques classiques.

Les limites actuelles des énergies renouvelables face aux pics de consommation

Fouad Ali a par ailleurs évoqué les retards enregistrés dans la réalisation de certains projets d’énergies alternatives, qu’il attribue notamment à des problèmes de gouvernance et à un manque de transparence.
Il a également estimé que la décision de ne pas renouveler certains contrats d’approvisionnement en gaz supplémentaires avec l’Algérie, dans un contexte marqué par les attentes placées dans les énergies propres, a contribué à accentuer les difficultés d’approvisionnement, obligeant la STEG à recourir davantage aux marchés internationaux du gaz.

Enfin, l’expert a souligné que les énergies renouvelables, dans leur configuration actuelle, ne permettent pas encore de répondre pleinement aux pics de consommation, qui interviennent principalement dans le secteur résidentiel durant les périodes de forte chaleur, à midi et en soirée.
Selon lui, le secteur industriel présente une meilleure capacité d’adaptation grâce aux accords conclus avec la STEG pour ajuster les niveaux de consommation.

Auteur

S. R

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