Culture

Festival international de Carthage – Sami Yusuf : Un magnifique voyage dans la musique sacrée

  • 5 août 2026
  • 3 min de lecture
Festival international de Carthage – Sami Yusuf : Un magnifique voyage dans la musique sacrée

Dans cette traversée musicale s’est instauré un dialogue musical d’une grande richesse traversant à la fois les frontières et le temps au cours duquel, durant environ deux heures, le public a assisté à un projet musical original où le « Samâ » a relié divers foyers de tradition soufie issue de l’Anatolie, une grande péninsule de la partie asiatique de Turquie, entre la mer Noire, la Méditerranée et la mer Egée.

La Presse — Carthage était au recueillement, samedi dernier lors du concert du chanteur-compositeur Sami Yusuf. Les gradins suivaient avec calme et concentration la prestation de l’artiste, fervent défenseur de l’universalisme, venu tout droit de Grande-Bretagne. Pas de déhanchement, ni de chahut, le public suivait dans le calme les propositions musicales aux sonorités à forte tonalité occidentale de ce concert au croisement de diverses traditions de musiques sacrées. Disposé en demi-cercle l’ensemble de l’orchestre « Les Métaboles » et leurs instruments : les cordes (guitare, clavecin, violon arabe), les vents (flûte, zokra et trompette) et les percussions (kora, vielle à roue, tabla et autres) ont accompagné avec brio Sami Yusuf qui avait à ses côtés une cantatrice à la voix suave et un mounched au timbre fort et mélodieux sans compter la chorale. Tout cet ensemble a transcendé les frontières musicales avec une fluidité passant du classique occidental au contemporain avec une touche orientale particulièrement andalouse des plus raffinées.

Dans cette traversée musicale s’est instauré un dialogue musical d’une grande richesse traversant à la fois les frontières et le temps au cours duquel durant environ deux heures, le public a assisté à un projet musical original où le « Samâ » a relié divers foyers de tradition soufie issue de l’Anatolie, une grande péninsule de la partie asiatique de Turquie, entre la mer Noire, la Méditerranée et la mer Egée.

Le programme est  de 12 titres entre chants soufis d’Orient et des « Mouachahat » andalous ainsi que le « Qawwali », chant dévotionnel d’Asie du Sud. Sami Yusuf a interprété des titres de plusieurs registres musicaux en donnant le la avec « Veritas »  pour finir avec « Ecstasy » en passant par « Sy Speech », « Al Andalous », « Ven Mi ALMa », « Lifting The Veil », « We love life » dans laquelle il a rendu hommage aux Palestiniens, notamment ceux de Gaza, « Lamma Bada » que le public répétait après lui, « Hasbi » « Rabbi », « Madad », « Ilahana » et « Un Corozon Bailando » qui évoque les charmes de l’Andalousie. L’artiste a ainsi rendu hommage à des personnalités phares de la littérature arabe comme El Halaj ou encore Mahmoud Derviche et exprimé de la sorte la parenté bien que lointaine des deux auteurs. L’audience s’est laissé transporter par un voyage entre « Mouachah » andalou et « Samaâ » oriental assez rythmé. Sami Yusuf, né au Royaume-Uni dans une famille d’origine azérie, a grandi au contact de la poésie persane et azérie. Il mêle dans sa musique  multidimensionnelle des éléments arabes, turcs, persans et occidentaux.

Un héritage qu’il a su faire évoluer pour fournir un « Samaâ » moderne et séduisant, créant un pont culturel entre les pays et les civilisations. L’artiste a illustré l’unité des spiritualités à travers un répertoire varié très apprécié et ovationné par le public de Carthage qui enregistre là un point fort dans sa programmation.

Auteur

Neila GHARBI

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