Intelligence Artificielle : L’Atuge dévoile son Livre Blanc pour la Tunisie
« Le Livre Blanc a vocation à être partagé, discuté et enrichi au rythme des transformations technologiques », soulignent les auteurs. Publié en open source, il invite l’ensemble des acteurs publics, privés et associatifs à bâtir collectivement l’avenir numérique de la Tunisie.
La Presse — Présenté en marge du Tunisia Global Forum, le Livre Blanc de l’Atuge propose une stratégie nationale pour positionner la Tunisie à l’avant-garde de l’intelligence artificielle (IA) d’ici 2030. Un défi urgent face aux mutations technologiques mondiales.
« Ce Livre Blanc a vocation à être partagé, discuté et enrichi au rythme des transformations technologiques », soulignent les auteurs. Publié en open source, il invite l’ensemble des acteurs publics, privés et associatifs à bâtir collectivement l’avenir numérique de la Tunisie. Soulignant qu’il est urgent d’agir rapidement pour suivre les évolutions rapides que connaît la scène internationale, les auteurs du livre rappellent que l’intelligence artificielle n’est plus une simple option technologique, mais une infrastructure de base qui redéfinit la compétitivité des États. L’IA devient progressivement une technologie à usage général. Elle se diffuse dans l’ensemble des secteurs, transforme les chaînes de valeur et redéfinit les conditions de la compétitivité. Cette évolution crée des opportunités pour les économies capables d’adopter rapidement les solutions utiles, d’organiser l’accès aux données et aux capacités de calcul, et de faire évoluer les compétences, rappellent les auteurs. Elle crée également des risques : accroissement des dépendances technologiques, automatisation de certaines fonctions, amplification des vulnérabilités cyber, usages opaques des données et accentuation possible des écarts entre organisations. Pour la Tunisie, l’enjeu est double : saisir les possibilités de création de valeur et anticiper les transformations qui pourraient fragiliser certains segments de l’économie ou du marché du travail — à commencer par les fonctions de services externalisées, que l’IA générative et agentique transforme en premier, souligne la même source.
Pour la Tunisie, l’enjeu est double : saisir les opportunités économiques et anticiper les risques, notamment la vulnérabilité des services externalisés face à l’essor de l’IA générative, notent-ils. Malgré un taux d’adoption de 12,7 % fin 2025 (en ligne avec les standards régionaux mais en deçà du potentiel national) et une concentration exceptionnelle de talents (4.120 développeurs par million d’habitants), la Tunisie fait encore face à des freins majeurs : absence de data centers d’envergure, manque de compute souverain, fuite des cerveaux et sous-équipement des PME (qui représentent 90 % du tissu économique), précise la même source, note le document . « Notre vision proposée à l’horizon 2030 : faire de la Tunisie une économie capable de créer, d’adopter et de déployer une intelligence artificielle de confiance, au service du citoyen, de la performance des organisations, de la compétitivité nationale et du développement durable, cette vision est ambitieuse et pragmatique à la fois. », notent les auteurs du livre. Compte tenu de la rareté des ressources, la Tunisie ne pourra se distinguer que par la pertinence et l’efficacité de son approche : une IA smart et frugale, qui privilégie l’évolution de l’existant à la création ex nihilo, la mutualisation à la duplication, l’expérimentation évaluée à la généralisation précipitée, et qui juge chaque initiative à un seul étalon : les résultats et l’impact mesurables en création de valeur et en compétitivité nationale, estiment-ils.
Cette vision vise donc des résultats concrets : une administration plus efficace, des entreprises plus productives, des services de santé et d’éducation mieux outillés, une industrie plus compétitive, une meilleure valorisation de la recherche et des données, et des parcours professionnels adaptés à l’évolution des métiers. Les spécialistes distinguent, en outre, cinq principes directeurs pour réaliser ces objectifs.
Il s’agit de :
1-Partir des usages et des besoins. Encourager l’adoption de l’IA au bénéfice de la croissance économique. Prioriser les problèmes à résoudre et les résultats attendus avant le choix des technologies; dimensionner les investissements — notamment en calcul et en infrastructures — par la demande réelle, non par mimétisme.
2- Construire progressivement les capacités stratégiques. Développer l’énergie, les infrastructures, l’accès au calcul et les données par paliers, selon les usages constatés et les moyens disponibles, en éliminant les obstacles réglementaires et organisationnels dont la levée peut produire rapidement des effets structurants.
3- Développer une IA de confiance, conçue d’abord pour les citoyens. Intégrer la protection des droits et des données, la cybersécurité, la transparence des algorithmes et la gestion des risques dans un cadre tunisien aligné sur les meilleurs standards internationaux, dont il partage l’esprit sans en être la copie.
4- Renforcer les talents et les organisations. Valoriser pleinement la ressource rare que la Tunisie possède déjà : retenir les talents établis, reconvertir les professionnels des métiers exposés, mobiliser la diaspora — et former les décideurs, les agents publics, les enseignants et les nouvelles générations.
5- Mobiliser l’intelligence collective. Organiser la coopération entre institutions publiques, recherche, startups et entreprises établies, société civile, partenaires internationaux et diaspora; soumettre ce livre blanc, publié en open source, au débat du Tunisia Global Forum et à l’enrichissement de toutes les parties prenantes.



