Société

Publicités alimentaires : Un danger pour la santé des enfants

  • 9 août 2026
  • 5 min de lecture
Publicités alimentaires : Un danger pour la santé des enfants

Bien entendu, il ne s’agit nullement d’interdire, mais bien de canaliser ces campagnes publicitaires que l’on lance à tout va, pour vanter des produits qui ont de graves répercussions sur la santé. Surtout sur celle des enfants.

La Presse — Depuis quelque temps, les alertes se multiplient du côté du ministère de la Santé, à propos de produits de consommation écoulés sur le marché dont l’origine est inconnue. Que ce soit des fournitures scolaires, des jeux ou tout simplement des amuse-bouches pour enfants, le danger guette lorsqu’on ignore la provenance et la composition.

Les alertes que l’on lance, non pas seulement en Tunisie mais un peu partout dans le monde, notamment lorsque des organismes crédibles de défense  des consommateurs diffusent sur le Web en boucle les procédés de fabrication et les matières premières utilisées.  C’est tout simplement répugnant.

Que dire lorsque l’on met à nu un «laboratoire» de fabrication installé dans un garage dans des conditions d’hygiène catastrophiques. D’ailleurs, des tonnes de produits  impropres à la consommation sont saisies de manière régulière ces derniers temps et l’opinion publique ne semble pas s’en émouvoir.  On continue à en acheter et à les mettre à la portée des enfants.

La publicité qui apparaît vante le goût et finit par instituer pour un bon bout de temps une mode. Dans les grandes surfaces, il est fréquent de voir des gamins (ils refusent souvent d’attendre le passage à la caisse) croquer ou mâchouiller ces amuse-bouches à base de pomme de terre ou de maïs.

La première chose que l’on constate c’est que ces gamins sont le plus souvent en surpoids pour leur âge. Cela suppose une consommation régulière et un manque de discipline dont les parents supportent la responsabilité.

Le docteur D. M. de l’hôpital d’enfants de Bab Saâdoun nous explique les conséquences.

« Le danger des amuse-bouches pour les enfants réside dans le risque élevé d’étouffement.  C’est ensuite la présence d’ingrédients ultra-transformés mauvais pour la santé. Avant l’âge de 4 ou 5 ans, les  enfants ne savent pas mastiquer et ont tendance à engloutir ce qui multiplie les risques. A l’image du pop-corn dont la coque est assez épaisse et qui peut provoquer des étouffements ou des infections si un éclat passe dans les poumons.

C’est le même risque pour les cacahuètes, les bonbons que les enfants ont du mal à croquer.

Les snacks colorés, pour enfants comme pour les jeunes, imitent parfois des légumes mais ne contiennent que des poudres, des fécules et des huiles transformées.

Les composants des   biscuits  industriels sont très riches en sel et en mauvaises graisses, Cela favorise l’acquisition de  fâcheuses habitudes alimentaires, alors que tout le monde se plaint de l’obésité.

Le portable ou la tablette avec leurs jeux incitent à la consommation de ces amuse-bouches.

Nous en constatons les effets sur les plages. Bien des enfants et des jeunes sont visiblement en surpoids. Les filles, il est vrai, sont plus prudentes. Cela nous renvoie à leur alimentation déséquilibrée qui dénote une indiscipline de comportement tolérée par les parents. Les enfants savent comment insister pour convaincre leurs parents, mais ces derniers devraient penser aux conséquences. Ces gamins risquent d’être un de ces jours la risée de leurs camarades qui se moqueront de leur démarche, de l’amplitude  de leurs mouvements, de leur maladresse au cours d’éducation physique à l’école ou au lycée, etc. C’est l’isolement et les complexes qui les attendent.

Le problème c’est qu’ils se retrouveront dans l’obligation de vouloir se débarrasser de ce poids. Et ce n’est pas facile. Au bac sport, les filles et les garçons qui sont dans ce cas ont des difficultés pour exécuter leurs enchaînements.

Il faut absolument apprendre à dire non et ne pas se plier à des désirs motivés par une gourmandise mauvaise conseillère ».

En plus de cette faiblesse des parents, il y a bien entendu les arguments persuasifs de la publicité qui poussent ces jeunes consommateurs dans leurs derniers retranchements.

Comment dans ce cas s’en tirer ?

Le docteur D.M. a été très clair : « Il faut trouver le langage pour convaincre les enfants et les jeunes en leur proposant des solutions de rechange. Mais les autorités peuvent jouer un rôle. Elles doivent maintenir et soutenir les rythmes des alertes. 

Dans certains pays, il est fortement déconseillé  aux jeunes de moins de quinze ans de boire des boissons  à base de cola par exemple, pour  leur forte teneur en sucre, pour la présence de caféine et pour leur acidité  qui attaque l’émail des dents et parce qu’elles favorisent le diabète de type 2 et l’obésité ».

Auteur

Kamel GHATTAS

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