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“Big Bossa” à Nabeul : Wajiha Jendoubi fait rire, réfléchir et applaudir

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  • 12 août 2026
  • 4 min de lecture
“Big Bossa” à Nabeul : Wajiha Jendoubi fait rire, réfléchir et applaudir

Le public du Festival international de Nabeul a vécu, mardi 11 août, une soirée exceptionnelle avec Wajiha Jendoubi et son spectacle “Big Bossa”. Pendant près de la représentation, les éclats de rire n’ont pratiquement pas cessé, portés par la spontanéité, l’énergie et la remarquable maîtrise scénique de la comédienne. Une soirée réussie, autant sur le plan artistique que dans la relation particulière qu’elle a su établir avec le public.

Programmé dans le cadre de la 38e édition du Festival international de Nabeul, “Big Bossa” a une nouvelle fois démontré sa capacité à traverser les années sans perdre de sa force ni de sa pertinence. Le spectacle figurait au programme du festival le 11 août, aux côtés d’une programmation réunissant théâtre, musique et humour.

Sur scène, Wajiha Jendoubi porte à elle seule une galerie de personnages et de situations inspirés du quotidien tunisien. Au cœur du spectacle, Jalila, une femme ordinaire qui voit sa vie basculer lorsqu’un simple SMS lui annonce sa nomination à la tête d’un ministère. À partir de cette situation aussi improbable que savoureuse, la comédienne déroule une satire de la société, de ses habitudes, de ses contradictions et de ses rapports avec le pouvoir.

Mais la force de “Big Bossa” réside surtout dans la manière dont Wajiha Jendoubi transforme cette matière en spectacle vivant. Elle passe d’un personnage à l’autre avec une facilité déconcertante, joue sur les voix, les gestes, les silences et les attitudes, sans jamais donner l’impression de forcer le trait. Son jeu, à la fois spontané et extrêmement maîtrisé, permet au public de se reconnaître dans les personnages et les situations qu’elle met en scène. Cette capacité à observer la société tunisienne et à en restituer les petits travers constitue l’une des signatures du spectacle.

À Nabeul, cette alchimie a particulièrement bien fonctionné. Le public n’a cessé de rire et d’applaudir, accompagnant la comédienne tout au long de son voyage dans cet univers où le quotidien, la politique, les relations humaines et les absurdités de la vie tunisienne deviennent matière à rire.

Et puis, au-delà des rires, il y a eu le dernier message de Wajiha Jendoubi, particulièrement remarqué et chargé de sens. En clôturant cette représentation, la comédienne a tenu à remercier les femmes et les hommes de Tunisie qu’elle considère comme les véritables serviteurs de la nation : celles et ceux qui accomplissent leur mission, qui travaillent au service du pays et qui restent fidèles à la confiance qui leur est accordée.

Un message qui donne une autre dimension à cette soirée. Car derrière la satire et l’humour parfois mordant de “Big Bossa”, il y a aussi une artiste qui observe son pays, ses difficultés, ses contradictions, mais qui choisit, au moment de quitter la scène, de mettre en lumière ceux qui font leur devoir et qui continuent à servir la Tunisie avec conscience et responsabilité.

C’est peut-être là que réside l’une des particularités de cette représentation nabeulienne : faire rire sans renoncer au sens. Pendant près de deux heures, Wajiha Jendoubi a occupé la scène avec cette présence qui lui est propre, passant du rire à la critique, de la caricature à l’émotion, avant de laisser au public un message profondément citoyen.

Après plusieurs années de parcours, “Big Bossa” apparaît ainsi comme bien plus qu’un simple one-woman-show. Le spectacle est devenu un miroir déformant mais reconnaissable de la société tunisienne, dans lequel chacun peut retrouver une situation, un personnage, une attitude ou une contradiction.

Une longévité qui s’explique sans doute par cette capacité à évoluer avec son public et à rester ancré dans son époque. Le spectacle avait déjà connu de nombreux succès sur les scènes tunisiennes. Cette soirée nabeulienne revêtait également une dimension particulière puisque “Big Bossa” s’inscrit dans une tournée d’adieu, Wajiha Jendoubi ayant annoncé qu’elle souhaitait mettre un terme à l’aventure de ce spectacle après plusieurs années de représentations.

À Nabeul, Wajiha Jendoubi aura donc offert une nouvelle démonstration de son talent : une scène occupée avec naturel, un public conquis, des rires à profusion et, en guise de conclusion, un message qui dépasse le cadre du spectacle pour saluer celles et ceux qui, au quotidien, font leur travail au service de la Tunisie.

Une soirée où “Big Bossa” a pleinement tenu sa promesse : divertir, piquer, faire réfléchir… et surtout faire rire.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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