Enquête médicale après l’hécatombe du bétail à Métlaoui : le premier diagnostic se dirige vers une infection alimentaire
Les inspecteurs sanitaires de la direction de la production animale se sont déployés en urgence dans la région de Métlaoui pour analyser les raisons derrière la perte brutale de plus de cent cinquante têtes de bétail. Perte qui a mis le secteur de l’élevage ovin et caprin sous un choc sanitaire d’une rare violence dans la périphérie de la ville minière de Métlaoui.
Alertée par les instances administratives régionales, une cellule d’ingénierie vétérinaire rattachée au commissariat territorial de l’agriculture de Gafsa a en effet opéré un déploiement d’urgence sur les sites d’estivage pour évaluer les circonstances de cette mortalité de masse ayant frappé plusieurs exploitations locales. Sous la conduite de l’inspecteur en chef Karem Tlili, les spécialistes ont procédé à un examen clinique approfondi du troupeau sinistré, dont l’effectif global avoisine les trois cents têtes. Les premiers examens anatomiques pratiqués sur les cadavres mettent en évidence des congestions viscérales majeures et des désordres gastriques aigus. Signes qui accréditent fortement la thèse d’une entérotoxémie fulgurante.
A noter que cette pathologie infectieuse découle généralement d’une modification brutale et non préparée du régime nutritionnel ou de l’ingestion d’une eau d’abreuvement altérée par les fortes chaleurs estivales. Afin de lever toute incertitude réglementaire et d’écarter le spectre d’une épizootie contagieuse, les biologistes ont procédé à des prélèvements systématiques de sédiments aqueux et de tissus organiques profonds sur les animaux sacrifiés. Les échantillons de reins et de sécrétions digestives ont été immédiatement acheminés sous scellés vers les laboratoires centraux de Tunis pour subir des examens toxicologiques et bactériologiques approfondis. Ce protocole d’investigation est indispensable pour identifier formellement la souche pathogène et cartographier les parcelles de pâturage potentiellement contaminées.
A rappeler qu’à travers la voix de l’exploitant Wassem Brahmi, les représentants du conseil local, tirent la sonnette d’alarme face à un bilan comptable qui dépasse déjà les cent cinquante bêtes péries en l’espace de quelques heures. La rapidité de la contagion fait craindre une révision à la hausse de ce décompte macabre, incitant les syndicats agricoles à réclamer une aide d’urgence de l’État pour l’acquisition de traitements prophylactiques. Cette crise met en lumière la grande vulnérabilité des systèmes d’élevage extensifs face aux variations brutales des ressources environnementales en période de sécheresse prolongée.



