L’économie tunisienne a enregistré une croissance de 2,3 % au deuxième trimestre 2026, en glissement annuel, par rapport à la même période de 2025, selon les premières estimations des comptes nationaux trimestriels publiées samedi par l’Institut national de la statistique (INS).
En données corrigées des variations saisonnières, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 1,4 % au deuxième trimestre par rapport au premier trimestre 2026. Sur l’ensemble du premier semestre, la croissance économique s’est ainsi établie à 2,4 %, en comparaison avec la même période de 2025.
La performance du deuxième trimestre a été principalement soutenue par l’agriculture et les services, tandis que le secteur industriel est resté quasiment stable. À l’inverse, les activités liées aux mines et à l’énergie ont continué de peser sur la croissance.
L’agriculture poursuit son redressement
Le secteur agricole a confirmé son amélioration, avec une progression de 5,5 % de sa valeur ajoutée sur un an. Il a ainsi contribué à hauteur de 0,51 point de pourcentage à la croissance globale.
Les services ont également constitué un important moteur de l’activité. Leur valeur ajoutée a augmenté de 1,9 %, apportant 1,18 point de pourcentage à la croissance du PIB.
Cette évolution a notamment été portée par les activités liées aux hôtels, restaurants et cafés, dont la valeur ajoutée a progressé de 4,6 %. Les secteurs de l’information et de la communication ont enregistré une hausse de 3,5 %, tandis que le transport a progressé de 1,7 %.
Construction en hausse, industrie presque à l’arrêt
Le secteur de la construction a affiché une croissance de 3,6 % au deuxième trimestre. Les industries manufacturières ont, pour leur part, enregistré une progression plus modérée de 0,9 %. Cette évolution a notamment été soutenue par les industries diverses (+3,7 %), les industries agroalimentaires (+2,1 %) et les industries mécaniques et électriques (+1,6 %). Au total, toutefois, l’ensemble du secteur industriel n’a progressé que de 0,3 % sur un an.
Le principal point de faiblesse reste le secteur de l’énergie, des mines, de l’eau, de l’assainissement et de la gestion des déchets, dont la valeur ajoutée a reculé de 1,7 %.
Cette baisse s’explique principalement par le recul de l’activité minière, dont la valeur ajoutée a diminué de 9,6 %, ainsi que par une baisse de 1,1 % dans l’extraction de pétrole et de gaz naturel.
La demande intérieure soutient l’activité
Du côté de la demande, la demande intérieure, composée principalement de la consommation et de l’investissement, a progressé de 3,3 % en glissement annuel. Elle a ainsi contribué positivement à hauteur de 3,61 points de pourcentage à la croissance économique.
Les échanges extérieurs ont, en revanche, exercé un effet négatif sur la croissance. Le solde des échanges extérieurs a contribué à hauteur de -1,33 point de pourcentage.
Cette contribution négative intervient alors même que les exportations de biens et services ont augmenté de 10,4 %. La progression plus importante des importations, qui ont augmenté de 11,2 %, a toutefois limité l’impact positif des exportations sur l’activité.
Ces premières données de l’INS dressent ainsi le portrait d’une économie qui continue de progresser, portée notamment par le redressement agricole, les services et la construction, mais dont la dynamique reste freinée par la faiblesse persistante des activités extractives et la contribution négative du commerce extérieur.
R.I



