Editorial

Quand le slogan étouffe le droit

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  • 24 août 2026
  • 2 min de lecture
Quand le slogan étouffe le droit

Une démocratie vivante ne se mesure pas à l’absence de contestation, mais à sa capacité à la canaliser dans le respect du droit commun. Descendre dans la rue, brandir une pancarte, scander des slogans hostiles ne fait que nous renvoyer au cœur battant du débat public. Mais cette liberté s’effondre dès qu’elle confond contestation et provocation, revendication et vulgarité.

On le voit trop souvent. Sous couvert de manifester, certains préfèrent le slogan grossier à l’argument, l’insulte scandée en chœur à la revendication construite. Ce choix n’est pas anodin. Il trahit moins une colère politique sincère qu’une volonté de saturer l’espace public par la provocation gratuite. Le mot d’ordre grossier ne convainc personne. Au  contraire, il ternit surtout ceux qui manifestent avec dignité. 

Or la liberté d’expression n’a jamais été un chèque en blanc pour le chaos verbal. Quand le slogan cède la place à l’outrance, l’acte engage son auteur, pénalement comme moralement. On ne peut exiger le respect de ses droits tout en piétinant les règles collectives qui les garantissent. La dignité du débat en premier lieu.

Pourtant, la fermeté de l’État ne vaut que par sa justice. La loi doit s’appliquer sans hésitation, mais surtout sans calcul. Ni indulgence complaisante envers les uns ni sévérité sélective envers les autres. Pour que l’autorité reste légitime aux yeux de tous, la règle doit frapper avec la même rigueur, quel que soit le camp de celui qui franchit la ligne. Une justice à deux vitesses ne fait que nourrir le ressentiment qu’elle prétend combattre.

L’impartialité de la justice reste notre seul rempart contre l’arbitraire, d’où qu’il vienne. Que chacun réponde de ses actes, sous le seul regard de la loi, sans passion ni privilège. Il y va, tout simplement, de la survie de la République et du respect que nous nous devons les uns aux autres.

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Auteur

Samir DRIDI

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