Les cuves italiennes conservent encore plus de 233 000 tonnes d’huile d’olive de la saison précédente, dont environ 185 000 tonnes d’huile vierge extra, soit une hausse de 43,9 % par rapport à l’année dernière. C’est ce que rapporte Fayad Fayad, directeur général du Conseil oléicole palestinien, sur la base des chiffres publiés par l’organisme de contrôle italien et relayés par la plateforme spécialisée Teatro Naturale.
Selon Fayad Fayad, cette accumulation de stocks exerce une pression directe sur les prix mondiaux de l’huile restante, alors que la récolte 2026/2027 approche pour les producteurs de la région et du bassin méditerranéen. Il précise que les premières estimations pour la saison prochaine annoncent une production inférieure aux attentes, en raison du changement climatique, des vagues de chaleur et des incendies, malgré la stabilité des prix observée depuis dix semaines consécutives sur les bourses espagnole, tunisienne et grecque.
Fayad Fayad rappelle également qu’en Italie coexistent deux prix distincts pour l’huile d’olive : celui de la production nationale, plus élevé, et celui des huiles importées, souvent moins cher malgré une qualité parfois supérieure. Un sujet qu’il annonce vouloir développer dans un article séparé.
Face à ce constat, des organisations agricoles italiennes, dont Altragricoltura, réclament davantage de transparence sur la répartition réelle de ces stocks, en cherchant à déterminer s’ils appartiennent principalement aux négociants et grandes entreprises ou aux agriculteurs les plus vulnérables, rapporte Fayad Fayad.
Pour le directeur général du Conseil oléicole palestinien, cette situation illustre ce qu’il appelle « l’illusion de l’or vert » : les coûts de production, d’irrigation et de main-d’œuvre augmentent fortement sous l’effet des changements climatiques et de la situation sécuritaire au Moyen-Orient, tandis que le marché ne rémunère pas l’huile de qualité à sa juste valeur lorsque l’offre s’accumule.
Fayad Fayad souligne que la gestion des stocks et l’équilibre entre le prix juste pour l’agriculteur et le pouvoir d’achat du consommateur restent, selon lui, l’équation la plus complexe débattue au sein du Conseil oléicole international. Le suivi de ces indicateurs, ajoute-t-il, reste essentiel pour anticiper les tendances du marché et ajuster le calendrier de commercialisation à l’approche de la prochaine récolte.



