Rentrée : reconstruction, mobilité et espoir
Aujourd’hui, ce sont les enseignants qui reprennent officiellement leurs fonctions à travers toute la Tunisie et rejoignent déjà leurs établissements. Demain, le 15 septembre, plus de deux millions d’élèves feront à leur tour leur retour en classe, pour une année scolaire 2026-2027 qui s’achèvera le 30 juin 2027. Cette double étape ouvre une rentrée placée sous le signe de la mobilisation générale, avec la volonté de bâtir une école plus juste et plus proche des besoins de chaque enfant, quel que soit son gouvernorat.
Les difficultés héritées du passé, notamment l’état fragile de certains établissements dans les régions intérieures, sont aujourd’hui suivies de très près. Le souvenir de l’accident de Mezzouna en avril 2025 continue de rappeler l’urgence d’agir. Cette prise de conscience pousse les services de l’État et la société civile à se mobiliser pour entretenir et embellir les écoles.
Les chiffres de cette rentrée témoignent d’un effort réel. Vingt-trois nouveaux établissements ouvrent leurs portes, cent mille tables-bancs sont distribuées et près de mille deux cents interventions de consolidation sont menées sur les bâtiments prioritaires. Dans le Nord-Ouest, le transport scolaire est renforcé grâce à de nouveaux bus et à une campagne d’abonnements bien organisée.
Mais l’un des enjeux les plus importants reste la réduction des inégalités entre les régions et la protection des jeunes. Face aux conduites qui menacent les abords des lycées, une vigilance accrue est mise en place, avec l’implication du corps éducatif, des familles et des services de sécurité. Le réseau des écoles de la deuxième chance s’élargit également, avec trois nouvelles structures à Sidi Fathallah, Siliana et Tozeur, qui viennent s’ajouter à celles de Nabeul et Béja pour aider les jeunes ayant quitté l’école à se réinsérer.
Cette dynamique s’appuie aussi sur une volonté politique affirmée au plus haut niveau. Réuni à Carthage avec cinq ministres, Kaïs Saïed a insisté sur le fait que la réforme de l’éducation prendra le temps nécessaire, mais qu’aucune erreur ne sera permise. Il a ordonné une action immédiate sur l’entretien des établissements, le transport scolaire, le suivi sanitaire des élèves et leur sécurité sur le chemin de l’école. Il a aussi appelé à soutenir les élèves les plus fragiles, notamment ceux qui vivent loin de leur établissement, à travers la gratuité des fournitures et le maintien des cantines.
L’ambition est claire. Faire de l’école tunisienne un véritable outil d’égalité, capable de vaincre l’analphabétisme et d’offrir à chaque enfant les mêmes chances de réussite.



