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Intempéries à Tunis : Plus de peur que de mal, mais la psychose de l’inondation reste entière

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  • 17 septembre 2026
  • 6 min de lecture
Intempéries à Tunis : Plus de peur que de mal, mais la psychose de l’inondation reste entière

Mercredi 16 septembre 2026, les bulletins d’alertes météorologiques ont commencé à fuser de partout, alertant contre des intempéries sévères pour le lendemain. Aux aguets d’une journée quasi apocalyptique, tous les Tunisiens, s’attendant au pire, ont débuté cette journée du jeudi 17 septembre 2026 en ayant les yeux tantôt rivés sur le ciel, tantôt sur leurs écrans, guettant la moindre information.

Dans la capitale Tunis, la première moitié de la journée s’est déroulée sans gros incidents. Hormis un ciel brumeux et une atmosphère lourde et grisonnante, il n’y avait pas grand-chose à signaler. Cependant, l’après-midi, le ciel s’est mis à gronder. Les coups de tonnerre assourdissants et les éclats de foudre aveuglants ayant orné l’horizon ont semé la terreur chez tous ceux qui n’étaient pas à l’abri.

La peur fut telle que les gouvernorats de Tunis et de l’Ariana ont tous deux décidé de suspendre les cours aussi bien dans les établissements scolaires qu’universitaires [local]. Normal : durant la saison hivernale écoulée, les Tunisiens, toutes catégories confondues, ont été traumatisés par un temps capricieusement instable où les routes ont été coupées et les ruelles submergées par un haut débit d’eau pluviale.

Durant le mois de janvier 2026, le temps a semblé enragé. Quelques heures suffisaient pour transformer une voie de circulation en une immense étendue d’eau trouble. Les véhicules ne pouvaient pas circuler sans se faire engloutir, les passants restaient cloués sur place, craignant de faire un pas au milieu de ce marécage à ciel ouvert… Cependant, et contre toute attente, l’après-midi tant redouté de ce jeudi n’a pas été aussi dangereux que prévu.

Quand la pluie tant attendue fait planer le spectre du cauchemar urbain

Vers 15 heures, ça a commencé à pluviner sans que rien d’extraordinaire n’ait été enregistré. Cependant, en l’espace d’une heure, le tonnerre a grondé tel un tambour battant, annonçant le glas. Mais il y avait plus de peur que de mal. Il a certes plu des cordes durant plusieurs dizaines de minutes d’affilée, mais la pluie a coupé net avant que l’on ne commence à compter les dégâts. Mlle Yosra C. s’apprêtait à quitter son bureau pour rentrer chez elle, et c’est pile-poil le moment où il s’est mis à pleuvoir : « Je suis passée d’un intérieur sec à un extérieur envahi par des pluies fortes et torrentielles.

L’hiver dernier, je me rappelle avoir été contrainte de passer la nuit au bureau parce qu’il était impossible pour une voiture de se frayer un chemin sur des routes qui ressemblaient à un lac. Dès que j’ai jeté un œil sur l’extérieur, j’ai revécu, l’espace d’un moment, cette terreur.

Mais comme il commençait à peine à pleuvoir, j’avais encore une chance de conduire jusqu’à chez moi avant que les routes ne soient remplies d’eau. Cependant, tous les conducteurs semblaient pressés de faire de même : rentrer avant que les choses ne se corsent.

Les routes n’étaient donc certes pas coupées par l’eau pluviale, mais on a souffert d’un encombrement étouffant où les voitures se suivaient en une file interminable. Tous les conducteurs avaient les nerfs à vif, les coups de klaxon se faisaient entendre à des centaines de mètres.

Il y avait un bouchon atroce de la circulation et les gouttes de pluie de plus en plus condensées se heurtaient aux toits des voitures pour accentuer la peur… Dieu merci, ce n’était qu’un mauvais quart d’heure. J’ai fini par rentrer saine et sauve. Certes, j’ai mis une heure pour le même trajet qui me prenait habituellement 15 minutes, mais le plus dur est passé ».

Un après-midi de sursis entre nids-de-poule, embouteillages et frousse météo 

Mme Najla E., elle, n’est pas motorisée. Pour rentrer chez elle vers 16 heures, elle a essayé d’arrêter un taxi. Une demande quasi surréaliste par ces temps… Elle a dû finir par renoncer à l’idée et s’est mise à marcher : « Le trajet n’est pas long depuis mon lieu de travail jusqu’à chez moi, cela me prend environ 30 minutes.

C’est le risque d’inondation qui me donnait froid dans le dos. Mais j’ai pris mon courage à deux mains et je me suis mise à marcher… Sauf que marcher semble être un euphémisme ! J’ai dû plutôt sautiller, sauter, glisser et faire des acrobaties pour arriver jusqu’à chez moi.

Comme j’habite à l’Aouina, ce quartier tant réputé où les trottoirs sont accaparés par les restaurants, les cafés et les commerces, et où les routes ressemblent à une infinité de nids-de-poule, ces trous se sont transformés, en un rien de temps, en d’immenses flaques d’eau.

Sur ma route, j’ai vu les chaussées et les bas-côtés engloutis sous l’eau, mais ce n’était pas proprement dit catastrophique. J’ai sautillé, j’ai fait quelques enjambements et je suis parvenue à passer. Mais ce qui a spécifiquement attiré mon attention, ce sont ces points sensibles qui, à chaque intempérie, se transforment en lac.

Et on a beau le dénoncer ou crier au secours, les municipalités et les autorités locales nous répondent par un mutisme qui n’est pas prêt à se rompre. Ces endroits-là accumulent déjà de l’eau boueuse et si l’on doit avoir un deuxième épisode de pluie, la situation va sûrement empirer.

J’ai aussi vu des évacuations d’eau en train de cracher l’eau pluviale, ce qui veut dire que personne n’a pris la peine de nettoyer ces bouches d’égout pour prévenir le coup. Bien des rues sont couvertes par un liquide noir visqueux, puant et glissant. Et si la pluie continue de tomber, cela va devenir nauséabond, infect et insoutenable ».

Hélas, si le court épisode pluvieux de cet après-midi n’a pas laissé de lourds dégâts, Dame Nature ne semble pas disposée à nous offrir une trêve de sitôt ! Toutes les prévisions s’accordent à prédire deux journées supplémentaires d’intempéries. Le spectre de l’angoisse vécu l’an dernier continue donc toujours de planer sur nos têtes.

Les Tunisiens, au lieu de remercier le ciel pour des pluies qui étanchent la soif d’une terre desséchée par une canicule, supplient le Créateur pour que cette pluie soit courte et légère pour que leur quotidien ne vire pas au cauchemar… Intempéries à suivre…

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Auteur

Abir Chemli

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