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Rentrée scolaire : Trop cher, oui mais…

  • 17 septembre 2026
  • 5 min de lecture
Rentrée scolaire : Trop cher, oui mais…

Chacun y va de ses calculs pour estimer à combien revient un élève équipé de son tablier, cartable, ses livres et cahiers, et bien entendu de ses fournitures telles que stylos, feutres, crayons, compas, etc. S’il faut ajouter le prix de l’abonnement scolaire (qui est fixé à un prix préférentiel subventionné), le total grimpera rapidement.

La Presse — Mais il faudrait se rendre à l’évidence : tout augmente dans le monde. Les conditions sociopolitiques jouent également un rôle de premier plan. Une fois chargée, une marchandise qui vient de pays lointains, on ne sait plus quel itinéraire suivre. Les routes maritimes, à part celles de la mer Méditerranée, sont pleines de danger. Les assurances se font payer. Les délais sont plus longs et cela coûte de l’argent. Tout cela et bien d’autres choses influent sur le prix de revient.

Indépendamment de cet  aspect, il y a des besoins et des gâteries des élèves eux-même, qui obligent leurs parents à acheter une marque plutôt qu’une autre. Les filles, même toutes gamines, savent ce que c’est qu’une marque et exigent du « signé ». Les adolescents filles et garçons ont aussi leurs exigences.

Ne parlons pas des enseignants qui tiennent à ce que ce  soit un cahier par matière, tout en sachant que l’élève ne se servira que de la moitié. Il y a bien des générations qui ont utilisé un seul cahier pour l’histoire et la géographie par exemple. Allez le dire à ces jeunes, ils vous prendront pour une personne qui n’a rien compris à la…. modernité.

Ces livres et cahiers sont subventionnés dans le pays. C’est l’Etat qui supporte la différence du coût, et c’est énorme.

Pour les livres et les cahiers, le prix du papier augmente en raison d’une forte hausse des coûts de fabrication, de l’énergie et des frais de transport combinée à une tension sur les matières premières.  La fabrication demande en effet  énormément de chaleur et d’électricité. Cette énergie, nous précise un technicien d’une usine de fabrication de papier, représente parfois près de 30 % du coût final.

La pâte à papier dans le monde a vu ses tarifs doubler progressivement par période. Les produits chimiques de traitement coûtent beaucoup plus cher. Sans compter les tensions sur le transport maritime des conteneurs qui pèsent sur les prix. Heureusement que chez nous, notre usine de Kasserine a fourni le papier dont nous avons besoin pour les livres et cahiers.

Tout ce qui est importé coûte donc plus cher et les prix seront en constante augmentation pour les raisons évoquées plus haut. C’est la raison pour laquelle on a lancé un appel pour ne « consommer que tunisien ».

Voila pour tout ce qui se fait à partir du papier. Restent les fournitures scolaires. Elles aussi augmentent. Les produits de grandes marques (comme Clairefontaine, Bic ou Maped) sont beaucoup plus chers que les marques de distributeurs.  

Les cahiers, cartables ou stylos à l’effigie de héros de séries, de joueurs ou de clubs de football coûtent souvent deux à trois fois plus cher que les versions classiques. Les droits à payer pour l’image sont compris, mais personne ne vous le dit.

Les prix montent au moment de la rentrée (fin août et septembre) car la demande est forte et les parents sont pressés.  

Les supermarchés baissent parfois les prix plus tôt en juillet, pour attirer les clients, mais les tarifs augmentent à l’approche du premier jour d’école. C’est partout pareil dans le monde. C’est une campagne au cours de laquelle il y a de l’argent à gagner.

Il y a des fournitures que l’on produit en Tunisie. D’autres sont importées, car le coût deviendrait insupportable si elles étaient produites par nos usines qui sont capables de le faire. Mais elles ne le font pas parce que tout simplement, la quantité dont nous avons besoin ne justifie pas la mise en place d’une ligne de production. Il faudrait pouvoir placer le surplus en trouvant des marchés extérieurs. C’est compliqué et c’est la raison pour laquelle on importe ce dont on a besoin.

Mais ce qui explique le renchérissement des fournitures scolaires ne réduit pas la facture. Que faudrait-il faire? Tout d’abord acheter tunisien. Les produits locaux sont meilleur marché. Dans ce cas, il faudrait convaincre les jeunes consommateurs qui imitent et n’accordent aucune importance aux problèmes que vivent leurs parents.

Ensuite, tempérer les demandes des enseignants pour réduire les dépenses en calibrant les cahiers en fonction de l’importance de la matière. Demander deux, trois couleurs de stylos ou de feutres et non toutes la série de douze couleurs pour réduire les dépenses. Enfin raisonner les enfants en leur expliquant que le savoir est dans la tête et non dans la beauté de la couverture d’un livre ou d’un cahier.

Auteur

Kamel GHATTAS

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