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Maladie d’Alzheimer : Les facteurs de risque et la prévention au cœur d’une étude du CHU Razi

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  • 20 septembre 2026
  • 5 min de lecture
Maladie d’Alzheimer : Les facteurs de risque et la prévention au cœur d’une étude du CHU Razi

Le chef du service de neurologie de l’hôpital Razi, Riadh Gouider, a mis en garde contre de nombreux facteurs pouvant constituer un terrain propice au développement de la maladie d’Alzheimer, tels que les maladies cardiaques, le diabète et l’hypertension artérielle. À cela s’ajoutent les caractéristiques génétiques communes dans la région arabe, liées aux mariages consanguins, qui peuvent influencer l’âge d’apparition, les symptômes et accroître le risque de la maladie.

Ces déclarations ont été faites lors d’une présentation par le Dr Gouider, à l’occasion de l’annonce,  samedi, de l’accréditation du Centre Alzheimer du service de neurologie du CHU Razi par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ce centre devient ainsi un centre collaborateur régional (pour la Méditerranée orientale) et internationalement reconnu en matière de formation et de recherche dans le domaine de la démence et de la maladie d’Alzheimer. Il a souligné que la maladie résulte d’une interaction complexe entre des facteurs génétiques non modifiables et des facteurs de risque sanitaires et comportementaux évitables ou contrôlables.

Il a indiqué que, sur le plan génétique, les modes de transmission varient entre des mutations autosomiques dominantes et récessives, qui apparaissent à des taux élevés en particulier dans les formes familiales et précoces de la maladie, en plus de l’influence complexe de gènes spécifiques.

Il a cité les résultats préliminaires d’une étude cas-témoins — un type d’étude observationnelle couramment utilisé pour analyser les facteurs associés aux maladies ou aux résultats — actuellement en cours au sein du service de neurologie. Cette étude a porté sur 155 patients pris en charge par le service et 310 personnes saines, confirmant l’existence d’un lien direct et fort entre certains facteurs pathologiques et comportementaux et l’augmentation du risque de contracter la maladie.

Les maladies cardiovasculaires se sont hissées en tête des facteurs présentant le plus fort lien, multipliant considérablement le risque, suivies par l’analphabétisme et le manque d’éducation en tant que facteur de risque indépendant et puissant. Viennent ensuite les troubles psychologiques, la perte auditive, ainsi que d’autres facteurs tels que l’hypertension artérielle, le diabète de type 2 et les accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Riadh Gouider a souligné que la prise en charge précoce de ces facteurs modifiables constitue un pilier fondamental pour l’élaboration de stratégies de prévention et de gestion des soins de santé pour les patients atteints d’Alzheimer. Cela passe par le contrôle de la tension artérielle, du diabète et de la santé cardiaque, la stimulation de l’activité cognitive et de l’éducation, le traitement des déficiences auditives et des troubles psychologiques dès leurs premiers stades, ainsi que l’adoption d’un régime alimentaire sain, l’organisation des repas, et l’évitement de l’alcool, du tabagisme et des drogues.

Dans le même contexte, il a invité les personnes âgées de 30 à 50 ans à ne pas négliger leur santé, malgré le stress de la vie, les dettes et l’éducation des enfants, et à prendre en charge les facteurs de risque — tels que le traitement du diabète et de l’hypertension et l’amélioration de l’alimentation — avant qu’il ne soit trop tard. Il a rappelé que lorsque le patient commence à oublier, la maladie a généralement débuté 15 à 20 ans plus tôt.

Il a également insisté sur l’importance pour les retraités et les personnes âgées de poursuivre une activité et de travailler, sans cesser d’apprendre. Il a averti qu’une personne qui arrête  toute activité intellectuelle ou physique et qui ne stimule plus son esprit ni son corps, multiplie par huit ses risques de développer la maladie d’Alzheimer.

Il a estimé que la prise en charge médicale et thérapeutique intégrée repose d’abord sur la prévention, puis sur un diagnostic précoce et l’utilisation de traitements approuvés pour atténuer les symptômes. Cela doit s’accompagner d’une assistance sociale et d’un soutien psychologique pour le patient et sa famille afin de réduire le poids du déclin cognitif et fonctionnel, tout en diversifiant les thérapies par le biais d’activités non pharmacologiques (musique, arts, lecture, activités religieuses et culturelles). Ces éléments peuvent stimuler la mémoire, particulièrement face au coût élevé des traitements modernes qui ne constituent pas, selon lui, une solution largement accessible en Tunisie à l’heure actuelle.

À noter que l’expérience du Centre Alzheimer, l’avancement de ses activités et le contenu de l’étude menée par l’équipe médicale ont été suivis de près par le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, samedi dernier, lors de l’annonce de l’accréditation internationale du centre pour la formation et la recherche, coïncidant avec la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer, célébrée le 21 septembre de chaque année.

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Auteur

La Presse

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