Brésil – Présidentielle : Les électeurs aux urnes pour un second tour très serré entre Lula et Bolsonaro
Les Brésiliens ont commencé à voter hier dimanche pour le second tour de l’élection présidentielle, pour faire un choix crucial: accorder quatre années supplémentaires au vétéran de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, ou rappeler au pouvoir l’extrême droite avec le sénateur Flavio Bolsonaro.
La Presse — Le scrutin du second tour de l’élection présidentielle brésilienne de 2026 a officiellement débuté hier à 08H00 heure locale (11H00 GMT), les bureaux de vote à travers le pays devant fermer à 17H00 heure locale (20H00 GMT).
En vertu du règlement électoral brésilien, un candidat à la présidentielle doit obtenir plus de la moitié des votes valides au premier tour pour l’emporter directement. Si ce n’est pas le cas, les deux candidats ayant réuni le plus de voix prennent part à un second tour pour déterminer qui est le vainqueur de l’élection.
C’est aussi un duel entre deux candidats que tout oppose, qui portent deux visions extrêmement différentes du pays. Lors de sa campagne, Lula a défendu notamment ses politiques sociales, tandis que Flávio Bolsonaro a fait de la lutte contre l’insécurité l’une de ses principales priorités.
Luiz Inacio Lula da Silva, qui fêtera ses 81 ans la semaine prochaine, mène sa dernière bataille : il espère arracher un retournement après son revers du premier tour, le 4 octobre. Avec 45 % des voix contre 47 % pour son rival, il avait été devancé par Flávio Bolsanoro, le fils aîné de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, qui a dirigé le pays entre 2019 et 2022.
Après avoir voté dans son fief de São Bernardo do Campo, près de São Paulo, Lula s’est adressé aux médias, résumant le scrutin à un choix entre le drapeau national ou celui des États-Unis : Les électeurs doivent « choisir un pays où le drapeau est respecté », a-t-il dit d’une voix fatiguée.
Il a accusé son rival conservateur Flávio Bolsonaro de vouloir « gouverner avec le drapeau américain ».
Flávio Bolsonaro a voté à Rio de Janeiro, dans le quartier de Tijuca. « L’heure de la joie et du changement a sonné », a-t-il déclaré devant la presse, en sortant de l’école où il votait. Plutôt souriant, très tranquille, il a répété qu’il avait fait une belle campagne et que le Brésil allait gagner ce soir. Ce soir, le sénateur Flávio Bolsonaro assiste au décompte des résultats depuis la capitale à Brasilia.
L’enjeu majeur du scrutin est donc l’abstention, qui atteint un niveau record au premier tour, dans un pays où le vote est pourtant obligatoire. Cela a pénalisé surtout Lula : reste à voir si son effort déployé cette semaine pour mobiliser ses électeurs se traduira aussi dans les urnes.
Au premier tour qui s’est tenu le 4 octobre, le sénateur Flavio Bolsonaro, ultraconservateur et fils de l’ex-président Jair Bolsonaro, est sorti en tête avec 47 % des voix contre 45 % pour le président sortant Lula.
Le vétéran de la gauche brésilienne s’est brutalement retrouvé en position de challenger.
Les trois semaines de campagne de l’entre-deux-tours se sont déroulées dans une ambiance électrique. La gauche a jeté toutes ses forces pour arracher une «remontada». Elle est descendue dans la rue et a investi les réseaux sociaux misant notamment sur une chaîne WhatsApp baptisée «Armée de Lula» qui compte désormais 8,5 millions d’abonnés.
L’ancien leader syndical, qui pour sa dernière bataille brigue un quatrième mandat non consécutif, a aussi multiplié les annonces de mesures sociales dans l’entre-deux-tours.
Promettant une ligne dure sur la sécurité et une amélioration du coût de la vie, Flavio Bolsonaro assure qu’il va «mettre Lula à la retraite». Il promet que sa première décision, s’il est élu, sera de gracier son père qui purge une peine de 27 ans de prison en résidence surveillée pour tentative de coup d’État.
Le président américain, Donald Trump, allié du clan Bolsonaro, manifeste son soutien aux droites dures partout en Amérique latine, où elles ont multiplié les victoires électorales au Chili , en Colombie, en Argentine, ou encore au Pérou.
(Synthèse de médias)



