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Investissement productif intérieur: Les axes stratégiques d’une restructuration prospective

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  • 25 octobre 2026
  • 5 min de lecture
Investissement productif intérieur: Les axes stratégiques d’une restructuration prospective

Le Président de la République, face au resserrement financier international, a fait de la relance de l’investissement productif intérieur «l’un des piliers de sa politique socioéconomique». Un enjeu qui repose, lui-même, sur une vision stratégique qui fait de l’instauration d’un modèle de développement national souverain, juste et durable, une priorité absolue.
D’ailleurs, le Plan de développement 2026-2030, tout comme le projet de budget économique 2027 projette des réformes profondes pour porter le niveau de l’investissement productif au terme de la prochaine année à environ 16,4% du PIB (La Presse du 20 octobre).

La Presse — L’investissement productif en Tunisie n’arrive pas à redécoller. Les derniers rapports des structures spécialisées, comme la plateforme Global Economy, retiennent un niveau très bas de 10,4% du PIB, très loin même de la moyenne africaine estimée à 23,3%. Une chute que les experts pensent à risque, car historiquement, la moyenne tunisienne s’est toujours située aux alentours de 24%.

Et c’est surtout l’effondrement de l’investissement industriel  intérieur qui justifie cette nouvelle réalité. Les dernières statistiques parlent d’une contribution au PIB de 0,4%, alors qu’elle  était de 1,9% en 2019. Une chute qui a affecté sérieusement l’apport économique de l’industrie dont la contribution au PIB est passée de 24,5% en 2011 à seulement  18,3% actuellement.

Certes, la conjoncture internationale totalement défavorable justifie, en bonne partie, cette situation, mais l’on reconnaît, tout de même, que d’autres facteurs structurels en sont également la cause.

On pense, en particulier, à un marché industriel de plus en plus réduit étant le rythme accéléré de la délocalisation industrielle. N’oublions pas, justement, que tout au long de ces cinq dernières années, notre industrie a perdu plus de 600 usines de dix salariés ou plus. Et c’est surtout dans le secteur du textile-habillement que le bilan est assez lourd. On parle, en effet, de la fermeture de 237 unités.   

Un constat inquiétant, donc, que les analystes justifient par la frilosité de l’environnement des affaires qui n’arrive toujours pas à se libérer de  la lourdeur administrative, le manque d’incitation fiscale, l’absence de visibilité et aussi et surtout la timidité des financements. Et sur ce dernier point, tout le monde en convient que le recours massif de l’Etat aux banques locales pour honorer ses engagements a limité les marges d’intervention du secteur au niveau de l’économie réelle.

Question de visibilité

Pour contourner cet effet d’éviction, il est nécessaire d’identifier, comme le recommande souvent le Président de la République, de nouvelles pistes de financement et de multiplier les opportunités de création de richesses. Des enjeux qui reposent sur l’amélioration de l’environnement des affaires, la revalorisation de la productivité, l’accélération de la transition énergétique ou encore digitale et l’application d’une discipline budgétaire rigoureuse.

En outre, la timidité de l’investissement productif pourrait être justifiée également par un déséquilibre régional toujours pesant, faute d’une décentralisation économique, financière et administrative soutenue. Pourtant, et comme on a tendance à le rappeler, les régions intérieures disposent d’un potentiel exceptionnel qui pourrait aider, en cas de bonne exploitation et de valorisation, à garantir une reconstitution rapide de l’économie nationale.

Il est donc clair que l’investissement productif intérieur a besoin d’une restructuration profonde et de l’aménagement d’un paysage entrepreneurial moins complexe pour espérer inverser la tendance, du moins s’aligner sur le bon comportement des investissements directs étrangers.

Il est vrai, en effet, que les IDE ont réussi à s’assurer, en 2025, une nette reprise avec une moyenne de progression de plus de 30%.

Une dynamique positive qui devrait, vraisemblablement, se maintenir cette année, surtout que les indicateurs du premier semestre de 2026 retiennent déjà une évolution de 11,5%.

En somme, l’on estime que l’industrialisation locale a besoin d’être réinventée pour redécoller et retrouver, essentiellement, sa souveraineté. Une exigence qui devrait reposer, elle-même, sur la garantie d’une visibilité totale au niveau de notre environnement des affaires, toujours flou et incertain.

C’est pour cette raison que le  Chef de l’Etat a fait de cette question un pilier fondamental de sa stratégie socioéconomique pour les prochaines années. Les multiples et importantes dispositions entreprises à cet effet, confortent cette volonté.

D’ailleurs, le plan de développement 2026-2030, tout comme le projet de budget économique 2027, ont retenu déjà des réformes profondes pour porter l’investissement productif intérieur à 16,4% d’ici à l’année prochaine.

Ces réformes devraient miser, en particulier, sur la relance des projets publics bloqués, la révision du cadre législatif de l’investissement, le soutien aux entreprises publiques et stratégiques ou encore la transformation de la dette en investissements résilients.

L’amélioration du niveau de qualification professionnelle dans le secteur industriel se positionne, elle aussi, comme un facteur incontournable. Cela est d’autant plus vrai que notre secteur phare ne cesse, depuis quelques années déjà, de se vider de ses compétences. Faute de motivation. Et ce sont, bien entendu, les pays, notamment européens, qui en profitent massivement.

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Auteur

La Presse

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