Tunisie: deux emprunts obligataires de 450 millions d’euros et 350 millions de dollars envisagés dans le projet de budget 2027
Le projet de budget de l’État tunisien pour 2027 prévoit la mobilisation de 26,722 milliards de dinars de ressources d’emprunt pour financer les besoins de l’État, dont 19,845 milliards de dinars sur le marché intérieur et 6,877 milliards de dinars à l’étranger.
Le document prévoit également la possibilité d’émettre deux emprunts obligataires sur les marchés financiers internationaux, d’un montant de 450 millions d’euros et de 350 millions de dollars, dans le cadre du mécanisme de souscription privée et directe.
Selon le rapport accompagnant le projet de budget, des institutions financières internationales ont exprimé leur disposition à fournir des financements extérieurs selon ce mécanisme. Les ressources d’emprunt prévues pour 2027 dépassent les 25,864 milliards de dinars attendus et les 25,723 milliards de dinars enregistrés en 2025.
Près de 19,85 milliards de dinars d’emprunts intérieurs
Les emprunts intérieurs devraient représenter la principale source de financement du budget de l’État en 2027, avec un montant estimé à 19,845 milliards de dinars.
Cette enveloppe comprend notamment 1,4 milliard de dinars provenant de l’émission de bons du Trésor à 52 semaines et 8,645 milliards de dinars issus des bons du Trésor assimilables (BTA).
Les facilités de financement de la Banque centrale de Tunisie (BCT) devraient, pour leur part, atteindre 9,8 milliards de dinars en 2027.
Ce montant est inférieur aux 11,45 milliards de dinars attendus pour 2026, ainsi qu’aux 11 milliards de dinars inscrits dans la loi de finances pour cette même année. En 2025, les résultats enregistrés au titre de ces facilités s’étaient établis à 6,85 milliards de dinars.
Dans l’ensemble, les ressources d’emprunt intérieures prévues pour 2027 constituent la part la plus importante des financements mobilisés pour couvrir les besoins budgétaires de l’État.
Les emprunts extérieurs estimés à 6,877 milliards de dinars
Le recours aux financements extérieurs devrait atteindre 6,877 milliards de dinars en 2027, selon le projet de budget.
Ce montant est supérieur aux 4,269 milliards de dinars attendus pour 2026 et aux 3,904 milliards de dinars enregistrés en 2025. Il reste toutefois légèrement supérieur aux 6,808 milliards de dinars inscrits dans la loi de finances pour 2026.
La répartition prévisionnelle de ces emprunts extérieurs fait apparaître plusieurs catégories de financements.
Les prêts extérieurs affectés au financement des projets de l’État devraient représenter 2 milliards de dinars. Les prêts extérieurs affectés puis rétrocédés sont estimés à 200 millions de dinars, tandis que les prêts destinés au soutien du budget devraient atteindre 2,088 milliards de dinars.
À ces ressources s’ajoutent les financements prévus sur les marchés financiers internationaux et dans le cadre des souscriptions privées, pour un montant total de 2,589 milliards de dinars, contre 1,375 milliard de dinars en 2026.
Deux emprunts obligataires envisagés en euros et en dollars
Dans le cadre de la mobilisation de financements sur les marchés financiers internationaux, le rapport relatif au projet de budget de l’État pour 2027 prévoit la possibilité d’émettre deux emprunts obligataires : l’un d’un montant de 450 millions d’euros, l’autre de 350 millions de dollars.
Ces opérations seraient réalisées selon le mécanisme de souscription privée et directe. Le rapport précise que des institutions financières internationales ont exprimé leur disposition à mettre à la disposition de la Tunisie des financements extérieurs par ce biais.
Ces deux émissions envisagées s’inscrivent dans les prévisions de mobilisation de ressources sur les marchés internationaux et par souscription privée, évaluées à 2,589 milliards de dinars pour 2027.
Plus de 2 milliards de dinars de prêts destinés au soutien du budget
Les prêts destinés au soutien du budget devraient atteindre 2,088 milliards de dinars en 2027.
Ce montant est inférieur aux 2,262 milliards de dinars attendus et aux 2,983 milliards de dinars inscrits dans la loi de finances pour 2026. En 2025, les résultats enregistrés au titre de ces financements se sont élevés à 2 milliards de dinars.
Ces ressources devraient provenir de plusieurs institutions financières internationales, avec des contributions de montants variables.
Le Fonds monétaire arabe devrait accorder 234 millions de dinars en 2027, contre 454 millions de dinars attendus pour 2026, 208 millions de dinars inscrits dans la loi de finances pour 2026 et 171 millions de dinars enregistrés en 2025.
La Banque mondiale devrait contribuer à hauteur de 243 millions de dinars, contre 315 millions de dinars attendus, 199 millions de dinars prévus pour 2026 et 117 millions de dinars enregistrés en 2025.
Pour sa part, la Banque africaine de développement (BAD) devrait fournir 77 millions de dinars, soit le même montant que celui inscrit dans la loi de finances pour 2026. Les financements attendus pour 2026 s’élevaient à 28 millions de dinars, tandis que les résultats de 2025 ont atteint 75 millions de dinars.
Afreximbank, principale contribution prévue parmi les institutions citées
La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) devrait représenter la contribution la plus importante parmi les institutions citées pour les prêts de soutien budgétaire, avec un financement prévu de 1,5 milliard de dinars en 2027.
Cette enveloppe est supérieure aux 1,464 milliard de dinars attendus pour 2026, mais inférieure aux 1,536 milliard de dinars inscrits dans la loi de finances pour 2026 et aux 1,595 milliard de dinars enregistrés en 2025.
L’Agence française de développement (AFD) devrait, quant à elle, contribuer à hauteur de 34 millions de dinars en 2027, soit le même montant que celui prévu pour 2026, contre 12 millions de dinars enregistrés en 2025.
Au total, les prévisions du projet de budget de l’État pour 2027 reposent sur une mobilisation de 26,722 milliards de dinars d’emprunts, combinant ressources intérieures et financements extérieurs. Le document détaille les différentes sources envisagées, notamment les émissions de titres du Trésor, les facilités de la Banque centrale, les prêts affectés aux projets publics, les financements de soutien budgétaire et le recours aux marchés financiers internationaux.



