Economie

Huile d’olive : la production risque de chuter de 40%

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  • 28 octobre 2026
  • 3 min de lecture
Huile d’olive : la production risque de chuter de 40%

Le secteur agricole tunisien aborde la saison 2026-2027 sous le signe d’une vulnérabilité structurelle marquée. L’entrée en phase de récolte dans les gouvernorats du Sud confirme les craintes des professionnels : selon le président du Syndicat des agriculteurs de Tunisie (Synagri), Midani Dhaoui, la production d’huile d’olive subira une baisse estimée à 40 %.

Ce repli conjoncturel s’explique par un dérèglement du cycle biologique de l’olivier. La campagne précédente s’étant étirée anormalement jusqu’en avril, les arbres n’ont pas disposé du temps de repos végétatif nécessaire pour assurer une floraison optimale. De plus, la maturité des fruits s’avérant incomplète en ce début de saison, le rendement en huile demeure faible, imposant un strict respect du calendrier de cueillette pour éviter toute détérioration de la quality.

Le gouffre financier de la campagne des grandes cultures

Sur le front des céréales et grandes cultures, alors que la cible opérationnelle oscille historiquement autour du million d’hectares, le modèle d’exploitation se heurte à une équation financière insoutenable. Le coût réel de conduite d’un hectare est désormais évalué à 2 500 dinars, tandis que le plafond des crédits de campagne octroyés par le système bancaire plafonne à 1 400 dinars. Cet écart de 1 100 dinars par hectare contraint les exploitants à mobiliser des fonds propres souvent inexistants après plusieurs exercices déficitaires.

Lors de son passage sur les ondes de la radio nationale dans l’émission Echaraa Tounsi, le président du Synagri a souligné la gravité des goulots d’étranglement logistiques et administratifs qui pèsent sur le secteur. Il a déploré le manque d’ammonitre et leur indisponibilité effective sur le terrain au moment des semis, réitérant le constat de l’an dernier où des précipitations pourtant exceptionnelles n’avaient pu être valorisées faute d’engrais accessible.

Vétusté du capital productif et exigence de modernisation

Au delà de la crise de liquidité à court terme, c’est l’appareil de production dans son ensemble qui s’avère menacé d’obsolescence.

D’abord, le renouvellement des machines agricoles exige des investissements compris entre 500 000 et 600 000 dinars, une charge hors de portée pour une profession déjà surendettée.

Ensuite, les subventions étatiques à l’investissement, censées couvrir jusqu’à 50 % des coûts, accusent des délais de déboursement pouvant atteindre deux ans. Cette inertie administrative détériore directement le fonds de roulement des fournisseurs et asphyxie la trésorerie des exploitations.

Enfin, l’absence de cartographie rigoureuse séparant les semences adaptées aux cultures irriguées de celles destinées au régime pluvial limite l’efficience technico économique des parcelles.

La pérennité du modèle agricole tunisien impose d’abandonner la gestion de crise au profit d’une restructuration axée sur le déblocage opportun des lignes de crédit, la sécurisation des approvisionnements en intrants et le transfert de compétences technologiques auprès des producteurs.

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Auteur

La Presse

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