Phosphate tunisien : Washington lance un projet pour attirer les investissements américains
L’ambassade des États-Unis en Tunisie a annoncé le lancement d’un nouveau projet financé par le gouvernement américain, en partenariat avec la société CrossBoundary, visant à attirer des investisseurs et des entreprises américaines autour du développement du phosphate tunisien, notamment le projet Gasaat, porté par la société australienne PhosCo dans le gouvernorat de Kasserine.
Selon l’annonce publiée par l’ambassade, cette initiative, prévue sur deux ans, vise à mobiliser des investissements privés, à créer des emplois et à accroître la production nationale de phosphate. Elle doit également contribuer à la mise en place d’accords d’approvisionnement en minerais tunisiens destinés aux chaînes d’approvisionnement internationales.
Le programme s’inscrit dans la stratégie américaine de sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques et de renforcement des relations commerciales avec la Tunisie. Un appel à financement publié par le département d’État américain en septembre 2026 prévoyait une enveloppe pouvant atteindre 1,536 million de dollars pour soutenir cette initiative. Ce financement est destiné à la mise en œuvre du programme et ne constitue pas, en lui-même, un investissement direct dans une exploitation minière tunisienne.
Le projet Gasaat, situé dans la région de Kasserine, constitue l’un des principaux projets de PhosCo dans le bassin phosphatier du Nord-Ouest. Selon les données publiées par l’entreprise, le permis d’exploration couvre 112 km² et renferme des ressources estimées à 166,6 millions de tonnes de minerai, avec une teneur moyenne de 20,6 % de pentoxyde de phosphore (P₂O₅). Ces estimations reposent sur les résultats de forages réalisés sur quatre des neuf zones de prospection du projet.
PhosCo, cotée à la Bourse australienne, présente Gasaat comme un projet susceptible de soutenir, à terme, le développement d’une activité minière de grande envergure et d’un pôle de production d’engrais. Le site se trouve à environ 210 kilomètres au sud-ouest de Tunis et à proximité d’une liaison ferroviaire desservant le port de Radès.
L’annonce américaine ne signifie toutefois pas que les investissements envisagés ont déjà été mobilisés ni que le projet est entré en phase d’exploitation commerciale. L’objectif est précisément de faciliter l’arrivée de capitaux privés et de nouer des partenariats commerciaux autour du potentiel phosphatier tunisien.



