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Aïd et reconstitution du cheptel:  Des propositions et des décisions pour quelle stratégie ?

  • 1 novembre 2026
  • 6 min de lecture
Aïd et reconstitution du cheptel:   Des propositions et des décisions pour quelle stratégie ?
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Une réunion a eu lieu au siège du ministère de l’Agriculture, présidée par le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydriques et de la Pêche et le ministre du Commerce et du Développement des exportations, pour examener la situation de la filière des viandes rouges, les perspectives de son développement et la sécurisation de l’approvisionnement du marché national.

La Presse — La réunion a également porté sur l’état d’avancement du programme national de reconstitution du cheptel, mené en collaboration avec l’Office des terres domaniales (OTD), l’Office national des aliments pour bétail et l’Office de l’élevage et des pâturages. Sans oublier la Société Ellouhoum (a-t-elle réglé tous ses problèmes internes ?) qui est en fait réinvestie des prérogatives et attributions qui lui revenaient et qu’elle n’a jamais réellement appliquées dont le recensement régulier et l’entretien du cheptel national.

Les participants ont abordé la question de l’approvisionnement en aliments pour bétail, la fixation du prix de revient et du prix de référence, ainsi que le renforcement de l’encadrement des éleveurs, en les encourageant à poursuivre et à développer leurs activités. Nous avons l’impression que cela confirme que l’histoire est un éternel recommencement.

Par ailleurs, a été soulignée la nécessité d’intensifier la coordination entre les deux ministères afin de réguler les prix des viandes rouges et leurs circuits de distribution, de renforcer la transparence des transactions et de lutter contre les pratiques qui nuisent aux équilibres du marché.

Tout d’abord, une question que se posent nombre d’observateurs: par quel  miracle le kilogramme de viande d’agneau est-il proposé, ces derniers jours, à trente huit dinars huit cents millimes, alors qu’en à peine quelques mois il était à soixante ? En répondant à cette question, on finira par comprendre que la question des viandes rouges, c’est tout simplement un véritable cartel qui tient en main le marché, impose son rythme, dicte ses prix, impose sa politique. On n’asséchera pas ses racines avec des réunions.

On savait que l’on agissait pour réduire le prix de revient du panier de la ménagère.  On savait que les grandes surfaces seraient mobilisées.  On supposait que ces grandes surfaces allaient consentir des réductions au niveau de la volaille et du poisson.

Lorsque la dorade est proposée à dix-huit dinars, que la baisse a atteint des proportions acceptables au niveau des revendeurs qui dépendent des petits producteurs de volailles, le consommateur shunte ou court-circuite  les viandes rouges. Et à la baguette magique d’ordonner la dégringolade des prix de ces précieuses viandes. Il n’y avait donc pas de miracle.

Cette réunion avec les différentes parties prenantes du programme de reconstitution du cheptel et des préparatifs de  l’Aïd El Kébir, comment agira-t-elle ?  C’est encore une fois une série d’interventions qui mobilise et qui débouche sur des décisions littérairement bien présentées, mais en l’absence d’une véritable stratégie qui préciserait les moyens, les étapes et le financement laissent un goût d’inachevé.

On a, certes, désigné les parties prenantes de cette opération. Par quels moyens logistiques, financiers et humains, agira-t-on ?

Les Offices demeurent de simples administrations et n’ont  pas suivi les évolutions humaines et techniques qu’exige un marché national et international  soumis à de fortes pressions internes et externes, pour devenir des forces de proposition répondant aux  exigences des échanges et gestions modernes.

On avait avancé, il y a quelques semaines,  le chiffre de 14 MD pour amorcer cette reconstitution, pour remonter quelques jours après, à 70MD. Cette enveloppe à quoi servira t-elle et qui est appelé à être le donneur d’ordres?

Mathématiquement et pratiquement, il sera impossible de répondre aux besoins du marché d’ici l’Aïd.

La période de gestation des ovins est d’environ 145 à 152 jours (soit près de 5 mois) pour la brebis. La durée varie légèrement selon la race.

Pour la vache, la durée moyenne de la gestation est d’environ 280 à 283 jours (selon les races, entre 279 et 287 jours). C’est l’équivalent  d’environ 9 mois et 10 jours.

En ce qui concerne l’Aïd, en Tunisie et selon les prévisions astronomiques, l’Aïd el-Kébir (Aïd al-Idha) 2027 est attendu le lundi 17 mai 2027 (ou le dimanche 16 mai 2027 selon les calculs ou l’observation locale du croissant lunaire).

On n’a pas besoin de calculette pour faire les comptes et conclure que, considérant les quelques chiffres disponibles  à propos de ce que nous possédons comme cheptel ovin et bovin, il sera impossible de faire face aux besoins du prochain Aïd.

Le seul moyen d’y faire face est bien d’importer des moutons et des vaches pour les besoins de l’Aïd et pour amorcer la reconstitution  du  cheptel. Des bêtes pour renforcer les besoins, des bêtes  pleines et des bêtes reproductrices pourront être le premier jalon d’une opération de portée nationale. En effet, il serait inutile de tourner autour du pot: la reconstitution de notre cheptel n’est pas une chose facile. Il s’agit de savoir où placer les futures bêtes, de les protéger contre les prédateurs humains qui, pour dominer le marché,  essaieront de les faire disparaître de la scène pour préparer une nouvelle pénurie, ou pour les vendre en leur faisant traverser les frontières.

Pour ce faire, c’est toute une stratégie à mettre en place, avec interdiction de les déplacer en dehors du gouvernorat sans autorisation des responsables, en ayant recours à une traçabilité rigoureuse. Remettre en état les abattoirs régionaux est une priorité pour n’avoir à déplacer que des carcasses, en véhicules réfrigérées et non des bêtes sur pied qui disparaîtront en route.

Mais connaissant d’où vient le mal, il faudrait commencer par mettre un terme à ces ouvertures de boucheries n’importe où,  appliquer la loi interdisant l’abattage sauvage au seuil ou derrière ces affreuses échoppes et  pour mettre un terme au quadrillage du pays, soumettre leur ouverture   à une autorisation préalable, conformément à des zones soigneusement étudiées comme pour le cas des pharmacies, etc.

Sinon, nous reviendrons à la case départ dans un ou deux ans.

Auteur

Kamel GHATTAS

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