La Presse — Tout le monde, à Bizerte, est tombé de haut en apprenant que le comité directeur provisoire a présenté sa démission aux autorités régionales. « Nous avons reçu un avis dans lequel il nous est notifié de payer dans cinq jours 1,4 million de dinars comme dettes à la famille de l’ex-président feu Ahmed Karoui sous peine d’être poursuivis en justice. Le comité actuel n’est pour rien dans cette affaire. Il ne nous est plus possible, par conséquent, de continuer notre mission sous la menace d’être jugés », répond le président du CAB aux médias quant aux raisons de la démission. Et de poursuivre : « Ce n’est donc pas un choix de notre part, mais un cas de force majeure. Nous sommes obligés de partir parce que nous sommes venus pour gérer les affaires courantes du club et non pas pour nous retrouver devant les tribunaux. Nous nous sommes adressés à l’autorité de tutelle dans l’espoir d’élargir l’éventail des solutions car nous nous trouvons dans une impasse. On attend encore la réponse. La solution est dans le camp des autorités car nous sommes dépassés par les événements et à court de solutions ».
Il faut remonter aux années 2006-2007 pour comprendre l’origine de cette affaire. En effet, lors de la prise en main du CAB par le défunt Ahmed Karoui, le CAB a recruté des joueurs à la pelle sous les conseils d’un certain Nabil Maâloul, nouvel entraîneur du club nordiste à cette époque-là. Dès son arrivée au CAB, Maâloul décidait et Karoui déboursait ! Les recrutements étaient un fiasco total et les résultats qui ont suivi étaient catastrophiques. On a dû alors « licencier » des joueurs qui étaient de trop et les problèmes financiers ont commencé à s’accumuler. Sous la pression du public « jaune et noir », le président Karoui cède et limoge Maâloul, qui s’est finalement révélé être une des sources des problèmes financiers actuels. A l’époque, les dettes s’élevaient à 400 mille dinars, mais avec les frais de justice et les pénalités de retard, le montant a augmenté à 1,4 million de dinars selon le président provisoire. La somme est colossale pour pouvoir accéder à la demande de la famille de l’ex-président Karoui. Dans l’immédiat, on ne voit pas d’issue. « S’il y avait des solutions, on n’en serait pas arrivés là », affirme Mokdad. Toutefois, une question mérite d’être posée : quand un président de club se met à dépenser de l’argent à tort et à travers devrait-il être exempt de tout reproche et de toute responsabilité ? Le débat reste ouvert…



