Les professionnels du secteur des restaurants touristiques s’inquiètent des répercussions que pourrait avoir le relèvement des droits de consommation sur les boissons alcoolisées, prévu par le projet de loi de finances (PLF) 2027.
Cette mesure risque, selon Habib Ben Moussa, président de la Fédération tunisienne des restaurants touristiques (FTRT), de réduire la fréquentation des établissements et d’encourager une partie des consommateurs à se tourner vers les circuits parallèles d’approvisionnement.
Intervenant, lundi 2 novembre 2026, sur Mosaïque FM, le représentant de la profession a attiré l’attention sur le poids des augmentations successives des droits de consommation au cours des dernières années. Il estime que leur accumulation a contribué à renchérir les prix des boissons alcoolisées, exerçant une pression supplémentaire sur les restaurateurs comme sur le pouvoir d’achat des clients.
Pour les établissements touristiques, une nouvelle augmentation pourrait ainsi compliquer davantage la gestion des coûts et la politique tarifaire. Dans un contexte où les consommateurs sont déjà confrontés à des contraintes de pouvoir d’achat, la hausse des prix risque de rendre certaines offres moins accessibles et de peser sur la demande. Les restaurants pourraient alors être confrontés à un recul de la fréquentation, avec des répercussions potentielles sur leur activité.
Habib Ben Moussa a également mis en garde contre un possible déplacement d’une partie de la demande vers le marché parallèle. Un renchérissement des produits commercialisés dans les circuits légaux pourrait, selon cette analyse, inciter certains consommateurs à rechercher des approvisionnements moins coûteux en dehors des circuits réglementés.
Cette évolution constituerait un enjeu non seulement pour les professionnels de la restauration touristique, mais également pour les recettes fiscales de l’État. En effet, si une partie des achats échappe aux circuits officiels, le relèvement des droits de consommation ne se traduirait pas nécessairement par une augmentation proportionnelle des recettes publiques. Il s’agit toutefois d’un risque évoqué par le secteur, et non d’un effet déjà établi.
Sur le plan fiscal, l’article 24 du projet de loi de finances 2027 prévoit une révision des droits de consommation applicables aux boissons alcoolisées et aux vins relevant des positions tarifaires 22.03, 22.04 et 22.08. Les catégories concernées couvrent notamment la bière, les vins et d’autres boissons alcoolisées. Le projet prévoit des taux différenciés selon la nature des produits.
Cette disposition figure dans un texte encore au stade de projet. Son éventuelle adoption et ses modalités définitives devront donc être distinguées des inquiétudes exprimées par les professionnels.
À travers cette mise en garde, la FTRT pose ainsi la question de l’équilibre entre l’objectif de mobilisation de recettes fiscales supplémentaires et la préservation de l’activité des établissements touristiques, dans un contexte marqué par la pression sur les prix et le pouvoir d’achat.



