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39ᵉ Journées de l’Entreprise : Dominique de Villepin met la Tunisie sur la carte du nouvel ordre économique mondial

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  • 12 décembre 2025
  • 4 min de lecture
39ᵉ Journées de l’Entreprise : Dominique de Villepin met la Tunisie sur la carte du nouvel ordre économique mondial

Le coup d’envoi de la 39ᵉ édition des Journées de l’Entreprise a été donné ce vendredi 12 décembre par Samir Abdelhafidh, ministre de l’Économie et de la Planification, lors d’une cérémonie inaugurale marquée par l’intervention de Dominique de Villepin, ancien Premier ministre français. Dans un long discours devant un parterre d’experts, d’entrepreneurs et de responsables institutionnels tunisiens et étrangers, de Villepin a exposé sa vision du rôle stratégique de la Tunisie dans le nouvel ordre économique mondial.

“De toutes les stratégies qui marchent aujourd’hui, il y a d’abord le pari du comptoir”, a-t-il affirmé, soulignant le positionnement historique de la Tunisie comme hub méditerranéen fondé sur la médiation, l’agilité et l’attractivité. Selon lui, le pays pourrait devenir un lieu d’échanges commerciaux, culturels et financiers, renforcé par l’ouverture de son économie. Dans ce cadre, le secteur financier tunisien joue un rôle décisif.

La Banque centrale de Tunisie a récemment consolidé la réglementation prudentielle avec trois nouvelles circulaires en 2025 pour renforcer la résilience du secteur. Elle a également lancé un bac à sable réglementaire, destiné à soutenir les innovations en matière de solutions de paiement et à attirer des acteurs régionaux.

De Villepin a ensuite présenté le pari de l’arrimage, qui consiste à positionner la Tunisie comme tête de pont entre les deux rives de la Méditerranée.

“70 % de nos exportations vont vers l’Union européenne et 43 % de nos importations proviennent d’Europe, principalement de France, d’Allemagne et d’Italie”, a-t-il rappelé. L’ancien Premier ministre a aussi souligné que la stabilité économique et sociale retrouvée permettra de stimuler l’investissement, la productivité et l’industrialisation, tout en attirant davantage d’entreprises européennes.

L’innovation, levier de croissance pour la Tunisie

Le troisième axe de sa stratégie est l’innovation, capitalisant sur la qualité de l’enseignement supérieur et le dynamisme des jeunes talents tunisiens.

Il a cité l’exemple d’InstaDip, start-up tunisienne fondée en 2014 et spécialisée dans l’intelligence artificielle décisionnelle, rachetée en 2023 par BioNTech pour un demi-milliard de dollars.

“La Tunisie est déjà un hub régional qui consacre plus de deux fois plus de ressources à l’innovation que ses voisins du Maghreb”, a-t-il souligné.

Avec plus de 1 500 startups et 17 scale-ups prometteuses, le pays a l’opportunité de se positionner comme un acteur clé de l’écosystème technologique régional, à condition d’assurer le passage à l’échelle et l’internationalisation des capitaux.

Sur un autre plan, De Villepin a mis en garde contre trois impasses à éviter dans le nouvel ordre mondial : l’autarcie, la logique impériale et les batailles identitaires.

Selon lui, l’isolement économique n’est pas une solution, la tentative de suprématie américaine sous Donald Trump montre les limites de la domination unilatérale, et les conflits identitaires compromettent la coopération et le développement partagé.

Des orientations stratégiques pour la coopération régionale

Pour l’ancien Premier ministre, la Tunisie et ses voisins méditerranéens doivent adopter une approche de co-responsabilité.

Il a formulé cinq orientations : sortir de la logique d’aide et co-construire les normes économiques, climatiques et numériques, penser en termes de voisinage et développer des infrastructures communes autour de l’eau, de l’énergie, de la logistique et du numérique, renforcer le rôle économique des entreprises par des règles stables, une justice prévisible et des objectifs clairs de création d’emplois et d’investissement, mettre les territoires et les diasporas au cœur des projets concrets, incluant coopération urbaine, programmes éducatifs et projets industriels et articuler maîtrise des frontières, circulation des talents et coopération internationale pour équilibrer mobilité et sécurité.

Dans sa conclusion, de Villepin a insisté sur le passage d’une relation de dépendance à une relation de partenariat mature, adaptée aux défis contemporains et au contexte méditerranéen.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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