Hantavirus : un spécialiste tunisien alerte sur un virus à 50 % de mortalité
Le virus Hantavirus, identifié comme étant à l’origine du décès de trois personnes à bord d’un navire de croisière dans l’océan Atlantique, n’est pas un agent pathogène nouveau, a rappelé le vice-président de l’Association tunisienne des maladies thoraciques et des allergies, le Dr Zouhair Souissi.
Intervenant sur Diwan Fm, le spécialiste a précisé que les premières descriptions de cas remontent à 1950. Selon lui, ce virus est largement connu de la communauté scientifique et circule principalement chez les rongeurs, notamment les rats, qui constituent son principal réservoir.
Le Dr Souissi a expliqué que l’être humain n’est pas un hôte naturel du virus, mais peut être contaminé de manière indirecte. La transmission se fait essentiellement par contact avec les déjections de rongeurs. Une fois sèches, celles-ci peuvent se transformer en particules de poussière, qui, lorsqu’elles sont inhalées, deviennent un vecteur d’infection.
Il a également indiqué qu’il existerait aujourd’hui environ 30 souches différentes du virus Hantavirus, ce qui complique l’analyse épidémiologique et la compréhension de son comportement.
Un virus potentiellement mortel
Bien que connu depuis plusieurs décennies, le virus reste préoccupant en raison de sa dangerosité. Le spécialiste tunisien a souligné que la mortalité peut atteindre jusqu’à 50 % dans certains cas, ce qui en fait une infection à prendre au sérieux.
La période d’incubation, relativement longue, varie entre deux semaines et un mois. Cette caractéristique rend le diagnostic plus complexe, car les symptômes n’apparaissent que tardivement après l’exposition.
Concernant le cas détecté sur le navire de croisière, le Dr Zouhair Souissi a précisé que les autorités scientifiques attendent encore les résultats du séquençage génétique afin de déterminer la nature exacte de la souche en circulation.
“Nous attendons encore le séquençage génétique pour savoir s’il s’agit d’une nouvelle souche et si elle est transmissible à l’homme”, a-t-il déclaré, soulignant l’importance de ces analyses pour évaluer le niveau de risque réel.
Une situation sous surveillance de l’OMS
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), trois personnes sont décédées à bord du navire. L’une des victimes a été confirmée comme infectée par le virus Hantavirus après analyse en laboratoire. L’institution a également signalé la présence de cinq autres cas suspects, actuellement en cours d’investigation.
L’OMS précise qu’à ce stade, un seul cas a été formellement confirmé, tandis que les autres nécessitent des analyses complémentaires pour établir un diagnostic définitif.
Dans l’attente des résultats scientifiques, les autorités sanitaires continuent de surveiller la situation, notamment pour déterminer si la souche identifiée présente un risque accru de transmission interhumaine.
