Un pouvoir d’achat à maximiser
Encore une fois, le pouvoir d’achat se place au cœur de l’actualité et se positionne comme l’enjeu prioritaire de nos décideurs pour la prochaine étape.
Et cela est, tout à fait, légitime car malgré une légère baisse de l’inflation durant les premiers mois de 2026, le budget des ménages continue à subir une forte pression, surtout avec la hausse des prix des produits de base. Une tendance haussière qui risque de miner, encore plus, les revenus au cours des semaines à venir.
Pourtant, l’Etat, toujours soucieux d’anticiper une telle tendance et de contourner, sinon amortir, ses effets, a entrepris de multiples et importantes mesures pour soutenir la santé financière des ménages.
Une enveloppe de plus de 4 milliards de dinars a été, ainsi, retenue en 2026, pour subventionner les produits de première nécessité, soulager, même proportionnellement, les caisses familiales, assurer la stabilité sociale, améliorer le niveau de sécurité sociale et mieux lutter contre la spéculation et toutes les pratiques illégales.
Des augmentations progressives des salaires et des pensions de retraite, échelonnées sur trois ans, ont été également accordées. Une revalorisation que certains observateurs qualifient d’importante, car elle intervient dans un contexte tendu et une conjoncture assez complexe.
D’autres programmes ont été aussi lancés et qui ont concerné, particulièrement, le recrutement des chômeurs de longue durée parmi les diplômés du supérieur ou encore l’allègement des charges fiscales sur les revenus faibles et moyens. Des dispositions qui procèdent, elles aussi, du souci de réduire, d’abord, la pression qui pèse, depuis un certain temps, sur cette catégorie de demandeurs d’emploi, de limiter leur exclusion du marché de l’emploi, d’assouplir, progressivement, leur insertion professionnelle et de garantir, ensuite, une meilleure justice sociale à travers une fiscalité beaucoup plus souple.
Toutes ces mesures et tous ces efforts sont, certes, très importants et confortent, sans aucun doute, le projet social prôné par le Président de la République, mais ont besoin d’une vision beaucoup plus élargie ou encore d’une approche prospective qui soit en mesure de « maximiser » durablement le niveau des revenus et de les préserver, même en cas de conjoncture difficile.
Cela est d’autant plus essentiel que les dernières perturbations géopolitiques, notamment le conflit au Moyen-Orient, ont dévoilé la fragilité de certains de nos programmes. Le creusement du déficit commercial suite à l’aggravation de la situation sécuritaire au Moyen-Orient confirme cette fragilité. Ainsi, pour anticiper de telles perturbations et y résister, il est nécessaire que la nouvelle approche mise, avant tout, sur l’instauration d’un nouveau système productif performant et innovant. Car, comme on a toujours tendance à le rappeler, seule une bonne productivité est capable de soutenir la croissance, diversifier les sources de création de richesses et élargir la capacité de résilience de notre économie.

