Tunisie–Italie : lancement du projet NEMO HOUT pour moderniser la pêche artisanale
Le projet de « Renforcement de la Filière de la Pêche dans les Communautés Côtières Tunisiennes des Gouvernorats de Nabeul, Sfax et Médenine » (NEMO HOUT), doté d’un financement de 5,5 millions d’euros (environ 18,6 millions de dinars), a été officiellement lancé, jeudi à Tunis.
Financé par l’Agence Italienne pour la Coopération au Développement (AICS), le projet NEMO HOUT est mis en œuvre par le Centre International de Hautes Études Agronomiques Méditerranéennes (CIHEAM Bari), en partenariat avec la Direction Générale de la Pêche et de l’Aquaculture (DGPA) au ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche.
En effet, le projet NEMO HOUT, porte sur le renforcement de la pêche artisanale, l’intégration socio-économique des ports de pêche, la lutte contre la pêche Illicite, Non déclarée et Non réglementée (INN), le développement des capacités, ainsi que la création de nouvelles opportunités économiques au profit des communautés côtières, a indiqué le directeur de la promotion de la pêche au ministère de l’Agriculture, Naoufel Romdhane.
D’une durée de trois ans, le programme en question sera mis en œuvre dans les gouvernorats de Nabeul, Sfax et Médenine, au profit des professionnels du secteur, des jeunes, des femmes et des acteurs locaux des zones côtières concernées, a fait savoir Romdhane.
Il interviendra dans les ports de Sidi Daoud (gouvernorat de Nabeul), Sfax, Mahrès, Skhira et El Kraten (gouvernorat de Sfax), ainsi qu’à El Ketf (gouvernorat de Médenine), a-t-il expliqué, ajoutant qu’il ciblera également les Centres de Formation Professionnelle de la Pêche (CFPP) de Sfax et Zarzis.
Le responsable, par ailleurs, fait savoir que le choix du CIHEAM Bari en tant qu’agence d’exécution s’inscrit dans la continuité d’un partenariat historique avec la DGPA, consolidé à travers plusieurs projets structurants, notamment NEMO I, NEMO II et NEMO Kantara.
De son côté, le Chef du Projet NEMEO HOUT, Federico Rivara a souligné qu’il permettra de renforcer les capacités de l’ensemble des acteurs clés du secteur halieutique, depuis les organisations professionnelles de pêcheurs, jusqu’aux services techniques et administratifs publics chargés de la gestion de la filière, ainsi que les opérateurs privés du secteur.
Il a, dans le meme cadre, indiqué que six organisations professionnelles composées de 200 pêcheurs, dont 20% de femmes bénéficieront de projets.
S’agissant du secteur public, Rivara a souligné que 38 membres des services administratifs et formatifs devront tirer profit.
Au sujet des opérateurs privés bénéficiaires, il a fait savoir que 66 opérateurs privés de la filière de la pêche (Startups et entreprises), 50 jeunes bénéficiaires de parcours de formation et 1500 employées des opérateurs privés dont 70% de femmes (indirects), bénéficieront de NEMO HOUT.
Cette démarche, a-t-il expliqué, vise d’une part à améliorer les services portuaires dans les ports ciblés, renforcer les systèmes de suivi, de contrôle et de maintenance et améliorer la traçabilité de la filière et consolider les capacités des structures chargées de l’accompagnement des jeunes vers l’entrepreneuriat, outre l’accompagnement des entreprises et des startups innovantes, durables et à fort potentiel de développement.
Pour Francesco Pallocca, Directeur Adjoint du bureau de l’AICS Tunis, le lancement de NEMO HOUT marque le début d’une dynamique collective réunissant institutions, acteurs locaux, secteur privé et société civile autour d’un objectif commun; à savoir le développement d’une économie bleue tunisienne durable, inclusive et créatrice d’emplois.
Pour la Coopération italienne, a-t-il ajouté, la pêche est bien plus qu’une activité économique, elle fait partie de l’identité des communautés côtières et contribue à la sécurité alimentaire, à l’emploi local et à la cohésion sociale.
Dans ce cadre, le projet NEMO HOUT qui vise à renforcer la pêche artisanale dans toutes ses dimensions jouera un rôle stratégique, et ce, en investissant dans le capital humain et en organisant le secteur et les opportunités entrepreneuriales, en particulier pour les jeunes et les petits pêcheurs.
Il contribuera à valoriser les communautés côtières tout en préservant le patrimoine marin, à travers une meilleure gouvernance du secteur et le soutien à des initiatives durables et innovantes.
Il a , par ailleurs, rappelé que NEMO HOUT s’inscrit dans le cadre du programme « Blue Tunisie », qui mobilise 33 millions d’euros pour soutenir l’économie bleue tunisienne afin de favoriser un développement côtier compétitif, durable et inclusif, en cohérence avec les priorités nationales tunisiennes et celles de la Coopération italienne.



