Point de vue : Il a fini par obéir !
La Presse — Le Sabri Lamouchi qu’on a vu au moment de dévoiler sa liste pour le mondial est sûrement différent de celui qui a parlé lors de son arrivée ou avant de jouer les matches amicaux de mars. Ceux qui s’y connaissent un peu en communication le remarquent sans peine. Celui qu’on a vu vendredi est quelqu’un qui s’est bien adapté à son entourage, cherchant à concilier les avis, à faire plaisir à tous contrairement à ce qu’il prétend.
Tenace et assez imposant au début, il a essayé de jongler avec les mêmes mots, de chercher des formules généralistes et émotionnelles, façon de dire que c’est lui qui assume ses choix et c’est lui qui les a faits. Or, les coulisses, le cours des choses, l’équilibre ( faux d’ailleurs) qu’il a cherché à respecter soigneusement, le retard dans la conférence de presse, ses réponses parfois contradictoires, nous mènent vers le même constat: Sabri Lamouchi a fini par respecter l’ordre préétabli.
Il a vendu une image de quelqu’un d’indépendant et d’objectif et a fini par être docile, complaisant et obéissant à ses employeurs. Notamment le vice-président influent et présent dans la vie de l’équipe nationale. On doit respecter la liste et les choix du sélectionneur, il n’y a pas de doute, mais on a le devoir de relever les incohérences avant la compétition.
Le terrain dira, qui, de lui ou nous, a raison ou tort, le parcours aussi, mais, en tout cas, certains joueurs ont été lésés dans cette liste. Le mérite n’était pas le seul critère, le rajeunissement était respecté dans le cas de quelques joueurs comme Ayari, Arous, Tounekti, mais complètement ignoré pour le cas de Khedhira (qui a dit non à la sélection et qui veut terminer sa carrière par un mondial dans son CV !), Ben Hmida, Bronn (qui n’a plus le niveau pour jouer d’entrée de l’avis de Lamouchi).
Et comme la pression de la FTF est cruciale, il a fallu inventer quelque chose pour que le maximum de clubs tunisiens touchent la prime de la Fifa et trouvent de l’argent liquide pour l’intersaison. On l’a fait au détriment du volet sportif, de l’équité dans plusieurs cas. Le sélectionneur a préféré un rajeunissement partiel, une impression de renouveau pour conserver l’ordre établi depuis des années.
Un ordre tracé par la FTF et ses dirigeants influents, les agents de joueurs imposants, et qui dure et dure quel que soit le nom du sélectionneur. Lamouchi a perdu en crédit auprès du public sportif, en grande partie pour être rentré dans les calculs. Il ne peut pas nous convaincre du contraire, lui-même sait qu’il n’est plus le même sélectionneur du début.



