gradient blue
gradient blue
A la une Actualités Monde

Ali Abdallah : « Gaza paie le prix du silence mondial, la Palestine tient »

  • 18 mai 2026
  • 5 min de lecture
Ali Abdallah : « Gaza paie le prix du silence mondial, la Palestine tient »

Invité de la Radio nationale, l’ancien diplomate et écrivain palestinien Ali Abdallah a dénoncé la double mesure du droit international, analysé le projet colonial sioniste et affirmé une résistance inébranlable, dressant un tableau lucide des enjeux qui façonnent l’avenir du peuple palestinien.

 Ali Abdallah a rappelé qu’en 1948, la Palestine fut occupée par le mouvement sioniste soutenu par les puissances occidentales, par la force et les armes, avec des massacres systématiques. Quelque 530 localités palestiniennes furent rasées, dont le village de Deir Yassin, et plus de 14 000 regroupements urbains et ruraux détruits dans ce que l’on désigne comme la Palestine historique. La résolution 181 des Nations Unies, qui prévoyait la création de deux États, fut appliquée pour L’entité sioniste   mais resta lettre morte pour les Palestiniens. Le refus des États arabes d’accepter cette résolution à l’époque eut des conséquences que la bande de Gaza subit encore aujourd’hui.

La Nakba n’appartient pas au passé : elle se poursuit. L’occupation israélienne soutient les colons dans leur entreprise de modification démographique, d’annexion des terres et d’expulsion du peuple palestinien par une violence extrême, en violation flagrante du droit international. Il s’agit d’une nouvelle guerre d’extermination visant au remplacement de la population, une ambition constante depuis 1948 jusqu’à 2023. La population des quatorze camps de réfugiés en Cisjordanie ciblés par l’armée d’occupation incarne la cause palestinienne : des droits politiques et l’autodétermination. La révolution nationale palestinienne s’est construite sur la revendication du droit au retour consacré par la résolution 194, jamais mise en œuvre.

Un droit international à géométrie variable

Ali Abdallah a dénoncé une application à deux vitesses du droit international : dès qu’il s’agit de la Palestine, les doubles mesures s’imposent, alors que le moindre incident impliquant un Israélien mobilise une réaction immédiate. Les Palestiniens ont signé des accords avec l’occupation dans le cadre de la légitimité internationale et se sont soumis aux résolutions de l’ONU, mais aucun engagement n’a jamais été respecté concernant leurs droits. Il a réaffirmé l’attachement du peuple palestinien aux principes du droit international et des droits de l’homme, en réclamant que la même balance soit utilisée pour tous.

L’ancien diplomate a décrit une population de deux millions de Palestiniens détruite, une société dévastée à 90 %, des vivres, de l’eau potable et des écoles manquant aux familles déplacées, des ruines sous lesquelles gisent encore des corps d’enfants. Il a interpellé la communauté internationale : jusqu’à quand le peuple palestinien paiera-t-il de son sang les calculs stratégiques d’autrui ? Il a exigé des actions politiques concrètes : reconnaissance réelle de l’État palestinien et des droits du peuple palestinien à l’égal des autres peuples.

Tout conflit dans la région affecte directement la question palestinienne, car celle-ci est à l’origine de ces guerres. Tant que les droits politiques et l’autodétermination du peuple palestinien ne seront pas restaurés, tant qu’un État palestinien indépendant avec Jérusalem pour capitale ne sera pas établi, la paix demeurera inaccessible. Les Palestiniens ont tenté la voie de la négociation, notamment par les accords d’Oslo, et consenti de nombreuses concessions, mais le monde revient chaque fois à la défense de ses intérêts. Le conflit irano américain fait payer son prix aux habitants de Gaza, dans l’indifférence de la communauté internationale réduite à des déclarations sans lendemain.

Le projet de déportation et la résistance palestinienne

L’écrivain considère que l’objectif central de la guerre menée par Benyamin Netanyahou avec le soutien américain est la déportation forcée des habitants de Gaza, puis de Cisjordanie, pour éliminer la présence palestinienne. Ce projet sioniste a échoué face à la résistance de l’ensemble du peuple palestinien, qui a répondu : non à la déportation, non à l’abandon de la terre. Les Palestiniens sont les détenteurs légitimes de cette terre et l’occupation sioniste est transitoire. Rome, la France, l’Allemagne, l’Empire ottoman ont tous disparu ; même si l’occupation devait durer mille ans, le peuple palestinien restera sur sa terre et préservera son identité nationale. L’entité sioniste   est voué à disparaître.

L’espoir malgré l’obscurité

Les reconnaissances internationales de l’État palestinien par la Grande Bretagne, l’Espagne, la Belgique, la France et d’autres constituent un frémissement inédit dans les sociétés civiles européennes, un signal d’espoir que le peuple palestinien se doit de saisir. Face aux tentatives d’annulation des accords d’Oslo par la Knesset, Ali Abdallah a observé qu’Oslo n’existe plus sur le terrain, mais que le retour de plus d’un million six cent cinquante mille Palestiniens sur leur sol grâce à ces accords est une réalisation concrète. Aucune armée arabe n’est venue libérer la Palestine, aucune initiative extérieure n’a offert les droits à titre gratuit. La résistance, politique, juridique, militaire et culturelle, demeure la seule voie. Le défi suprême est de demeurer sur la terre palestinienne et d’y maintenir une vie palestinienne. L’intervenant a réclamé une protection internationale face à un occupant qui ne connaît ni l’humanité ni les normes universelles.

Auteur

S. M.

You cannot copy content of this page