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Pays du Maghreb: les féminicides non reconnus comme un phénomène social dangereux

  • 29 novembre 15:33
  • 3 min de lecture
Pays du Maghreb: les féminicides non reconnus comme un phénomène social dangereux
Les résultats d’une étude sur « le traitement juridique, social et médiatique des crimes de féminicide en Tunisie, au Maroc et en Algérie », réalisée par la dynamique féministe maghrébine ont dévoilé l’inertie de ces trois pays du Maghreb face aux crimes de féminicide et la non reconnaissance de ce phénomène social dangereux.
L’experte à l’association « Voix des femmes », Monia Gari a déclaré à l’agence TAP que cette étude a démontré que la prise en charge juridique, médiatique et sociale du féminicide en Tunisie, au Maroc et en Algérie ne correspond pas à l’ampleur de ce phénomène croissant et manque de rigueur, de fermeté et de sérieux.
Elle a précisé au cours d’une conférence, organisée samedi à Tunis que les résultats de cette étude lancée en juin 2025 ont démontré que la lutte contre le féminicide n’est pas considérée comme une priorité nationale dans les pays concernés, nécessitant des mesures urgentes, des politiques cohérentes, des stratégies intégrées, des plans nationaux efficaces et des budgets appropriés.
La dynamique féministe maghrébine, composée de 12 associations féministes de Tunisie, du Maroc et d’Algérie a appelé les gouvernements concernés à reconnaître le féminicide des femmes et des filles comme un crime commis contre les femmes, uniquement parce qu’elles sont des femmes, de le citer explicitement et de le mentionner dans le code pénal en tant que crime distinct des autres crimes d’homicide, selon Gari.
Elle a appelé à l’élaboration de programmes de prévention, de dispositifs efficaces de protection  et de former tous les intervenants dans les différents secteurs pour assurer la prise en charge des victimes.
De son côté, le responsable des programmes pour l’Afrique du Nord à l’euro- méditerranée pour les droits, Jabeur Wajeh, a souligné l’importance de dénoncer les crimes de féminicide à tous les niveaux, de les dévoiler au grand public et de sanctionner leur auteurs.
Il a appelé la société civile à lancer des campagnes de sensibilisation, d’éducation et de mobilisation pour lutter contre la violence à l’égard des femmes et des filles.
Wajeh a affirmé que les médias sont appelés à contribuer activement à la lutte contre la culture de l’impunité et de normalisation de la violence, en produisant des contenus qui dénoncent la violence masculine et reconnaissent l’égalité homme- femme.
Il a indiqué qu’en l’absence de statistiques officielles, les associations féministes ont recensé 27 cas de féminicide en Tunisie jusqu’au mois d’octobre 2025.  Les associations féministes en Algérie ont enregistré plus de 48 cas de féminicide en 2024, alors qu’au Maroc, 65 cas d’homicides volontaires ont été enregistrés et 18 cas de féminicide à la suite de coups et blessures ont été signalés, selon les données du parquet de l’année 2023, a-t-il ajouté.
Auteur

La Presse